Visite chez le carrossier

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1 Il n’y a pas de hotte de ventilation au poste de travail. Est-ce bien sécuritaire?

La solution :

  • L’utilisation de produits toxiques, sensibilisants et inflammables représente des risques pour la santé et la sécurité; la situation exige un bon système de ventilation ainsi que le port des autres équipements de protection individuelle.
  • Comme le travailleur n’utilise qu’une petite quantité de produits et que la pulvérisation sera rapide, il n’est pas requis d’éliminer le danger.
  • Lorsqu’on est jeune, ces types de produits ne sont pas dangereux pour le corps humain.

2 Le travailleur porte un appareil de protection respiratoire de type N95 et un chandail à manches courtes, mais ne porte pas de gants. Est-ce là l’équipement approprié pour la tâche qu’il effectue, avec les produits qu’il utilise?

La solution :

  • Si le travailleur est supervisé au moment d’effectuer le travail, il n’est pas tenu de porter des équipements de protection individuelle.
  • Les équipements de protection individuelle adéquats sont : lunettes, demi-masque à cartouche avec préfiltre, gants en nitrile et chandail à manches longues. La formation adéquate des travailleuses et travailleurs et leur supervision sont obligatoires.
  • Les produits utilisés pour faire le mélange ne sont pas dangereux, le travailleur peut donc porter ce qu’il souhaite.

3 Le travailleur utilise des produits dangereux qui ne sont pas étiquetés et qui ne disposent pas de couvercle. La poubelle ordinaire n’est pas couverte non plus. Est-ce conforme à la réglementation et aux bonnes pratiques en vigueur?

La solution :

  • La réglementation est stricte à cet effet; elle exige que les produits dangereux soient étiquetés, et que, notamment, les aspects de prévention, d’intervention, d’entreposage et d’élimination du produit y soient mentionnés.
  • Afin d’éviter l’exposition aux produits dangereux et de réduire le risque d’incendie, les contenants, y compris la poubelle, doivent être fermés.
  • Toutes ces réponses sont bonnes.

4 Le cellulaire et la collation du travailleur sont à sa portée. Est-ce l’endroit approprié pour ces effets personnels?

La solution :

  • Il attend des nouvelles de ses amis, il doit garder son téléphone à proximité. Ainsi distrait, il risque d’oublier les proportions de son mélange, voilà un danger bien réel!
  • Dans la salle de préparation et de pulvérisation, le cellulaire est une distraction et comporte un risque électrique dans un environnement dangereux. Et la collation sur la table de travail n’a pas sa place dans un tel environnement.
  • C’est le choix du travailleur de garder ses effets personnels près de lui. Et une pomme comme collation, c’est santé, non?

5 Le contenant de diluant n’est pas mis à la terre lors du transvidage. Est-ce conforme à la réglementation?

La solution :

  • Le transvidage des liquides inflammables peut créer une étincelle susceptible de provoquer un incendie ou une explosion. Comme le diluant est un liquide inflammable, la réglementation est formelle; une mise à la terre est obligatoire.
  • Pour s’assurer que le contenant est stable, il serait sage de le mettre par terre.
  • C’est un détail inutile. Il n’y a aucune réglementation à ce sujet.

6 Le travailleur, lors de la pulvérisation, porte un demi-masque à cartouches avec préfiltre et ne porte pas de gants ni de combinaison de protection. Il ne porte pas non plus de lunettes de protection. Est-ce adéquat?

La solution :

  • Il est possible que le travailleur ait oublié de s’équiper avant de procéder à la pulvérisation du mélange. Ça peut arriver!
  • Tous les équipements de protection individuelle (EPI) sont requis lors de la pulvérisation d’un produit contenant des isocyanates; une combinaison complète, des gants ainsi qu’un masque ou une cagoule complète à adduction d’air.
  • Le travailleur aime les défis. Parfois, lorsqu’il n’y a qu’un petit objet à pulvériser, il arrête de respirer le temps de faire le travail.

7 Les boyaux sont déposés au sol. Le banc de travail, la lumière de séchage et le contenant de diluant encombrent l’espace de travail. L’environnement de travail est-il sécuritaire en ce qui concerne le risque de chute?

La solution :

  • Le travailleur se concentre sur le travail à réaliser, il n’a pas le temps de faire le ménage en plus.
  • Avec ses grosses bottines de travailleur, un petit coup de pied et ceux-ci ne seront plus encombrants.
  • Les méthodes optimales de travail de l’entreprise consistent à bien ranger et organiser son espace de travail.

Photo : Denis Bernier

Un travailleur prépare le matériel requis pour réaliser la pulvérisation d’une pièce de carrosserie. Il effectue ensuite la tâche dans une cabine de peinture spécialement consacrée à cette opération. Si repeindre sa voiture peut paraître simple, les dangers liés à la tâche sont sérieux. Pour les besoins de notre démonstration, Nicolas a accepté de mettre les bonnes pratiques de côté et de démontrer ce qu’il ne faut pas faire quand vient le temps de peindre des pièces automobiles.

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Les corrections

Visite chez le carrossier

Dans la majorité des cas, la pulvérisation sur les pièces de carrosserie automobile nécessite l’utilisation de produits contenant des isocyanates et des oligomères d’isocyanates. Ces produits sont reconnus comme des sensibilisants respiratoires et cutanés. Ils représentent d’ailleurs l’une des causes majeures d’asthme professionnel. Pour ces raisons, la situation exige un bon système de ventilation, un appareil de protection respiratoire à adduction d’air, une combinaison complète de type Tyvek, une protection oculaire et faciale, ainsi que des gants de nitrile. En d’autres mots, toute la peau doit être couverte. Si le produit ne contient pas d’isocyanate, il est généralement nécessaire de porter un appareil de protection respiratoire et l’équipement de protection individuelle approprié au type de produit utilisé.

Avant même d’entamer une telle tâche, le travailleur doit s’assurer que son environnement de travail est sécuritaire. L’employeur doit, quant à lui, identifier, contrôler et éliminer les dangers pour ses employés. Ainsi, l’environnement de travail doit être bien rangé. Les boyaux doivent être disposés adéquatement et suspendus au mur. Le matériel non essentiel à la tâche ne doit pas encombrer l’espace de travail. Ces précautions permettent de diminuer les risques de chute. Tout équipement électrique ou électronique dans la cabine doit être homologué pour milieu explosif (classe 1, zone 1), y compris le téléphone cellulaire. En présence de produits dangereux, une bonne ventilation générale et locale est primordiale pour la santé et la sécurité du travailleur, et l’employeur doit s’assurer que cette ventilation est adéquate. De plus, à aucun moment la source de ventilation ne doit être obstruée. Les effets personnels doivent être rangés afin d’éviter tout risque de contamination.

Conformément au SIMDUT 2015, les produits dangereux doivent être étiquetés de façon réglementaire. Ces étiquettes nous informent des principaux dangers qui y sont associés. Elles décrivent aussi les conditions sécuritaires de prévention, d’intervention, d’entreposage et d’élimination du produit. Afin de réduire la propagation du produit dans l’air ambiant, les contenants, y compris la poubelle, doivent être fermés. De plus, le contenant de diluant doit être mis à la terre et mis à la masse lors du transvidage, car l’accumulation d’électricité statique pourrait générer un risque d’explosion ou d’incendie.

Finalement, il importe de préciser que le fait de s’improviser carrossier comporte de sérieux risques ; toute personne qui se prête à la tâche doit être formée adéquatement et l’employeur doit superviser le travail de ses employés.

Nous remercions le Centre de collision certifié Europa et son directeur, Fernando Sein Rueda, ainsi que le travailleur Nicolas Bergeron.

Personnes-ressources : Mohamad-Ali Daoui, conseiller expert en prévention-inspection à la CNESST, Sylvie Mallette, directrice générale de l’ASP Auto Prévention, ainsi qu’Henri Paul Fillion, conseiller en prévention, et Marie-Andrée Paquet, conseillère en hygiène industrielle chez Auto Prévention.

Coordination : Sylvie Gascon, Direction générale de la gouvernance et du conseil stratégique en prévention de la CNESST.