Enseveli dans une tranchée - La paroi d’une tranchée s’effondre et ensevelit un travailleur

Que s’est-il passé ?

Le 5 octobre 2007, une municipalité des Laurentides doit procéder au déblocage d’une conduite d’égout sanitaire. Dès huit heures, le conducteur d’une chargeuse-pelleteuse commence l’excavation. Pour accéder à la conduite bloquée, il creuse une tranchée dont les pentes sont subverticales, c’est-à-dire presque verticales, se rendant à la conduite secondaire d’égout sanitaire. Le déblai des deux premières couches de sol, composé de gravier et de sable, est empilé sur le côté ouest, à moins d’un mètre de la tranchée. Les couches plus profondes du sol, composé essentiellement d’argile et de sable, sont quant à elles empilées du côté est. Lorsque l’excavation est terminée, la tranchée fait 5,7 mètres de long, 2,7 mètres de large et 2,2 mètres de profond. Les parois ne sont pas étançonnées. Une échelle est descendue dans la tranchée, à l’extrémité de la fosse de pompage. Le conducteur de la chargeuse descend dans la tranchée après avoir constaté que les parois semblent stables. Il coupe une section de conduite et remonte. Il doit se rendre à son camion chercher de la graisse servant à lubrifier les conduites à raccorder. Un autre travailleur, journalier, descend alors à son tour dans la tranchée. Il retire la pierre autour des conduites. C’est alors que le conducteur, remonté à la surface, remarque qu’une partie de la paroi est en train de s’effondrer. Il avertit le travailleur encore dans la tranchée. Trop tard ! Ce dernier tente de remonter, mais il est projeté contre l’échelle. Il est enseveli. Lorsqu’on le remonte à la surface, des manœuvres de réanimation sont entreprises. Des ambulanciers le conduisent à l’hôpital. Le décès de ce jeune papa de deux enfants est constaté.

 

Illustration : Ronald DuRepos
Illustration : Ronald DuRepos

Qu’aurait-il fallu faire ?

La gestion de la sécurité était déficiente puisque le personnel n’a pas reçu de formation particulière sur les travaux de tranchée et d’excavation. Le conducteur creuse sans recevoir de directive de creusage qui détermine les mesures de sécurité à respecter. Et le chantier n’est pas sous la surveillance d’une personne en autorité informée des mesures de sécurité applicables pendant les travaux de creusement. Les travaux d’excavation nécessitent la détermination des dangers, des méthodes de travail sécuritaires, la formation des travailleurs et la supervision des travaux.

Pour assurer la sécurité des travailleurs face au risque d’effondrement d’une paroi, l’article 3.15.3 du Code de sécurité pour les travaux de construction prescrit une obligation d’étançonnement et des règles quant à la disposition des matériaux et équipements. Quelques exceptions à l’obligation d’étançonnement sont prévues à ce même article. Pour pouvoir se prévaloir de l’une de ces exceptions, l’employeur doit démontrer l’absence de danger de glissement de terrain. Cette démonstration peut exiger d’être soutenue par un avis technique d’une personne compétente en la matière. [PT]

Notre personne-ressource : André Turcot, ingénieur et chef d’équipe à la Direction générale de la prévention-inspection et du partenariat de la CSST.

Pour en savoir plus

Le guide version 2011 : www.csst.qc.ca/publications/200/Pages/DC_200_2301.aspx  
Fiche de vérification : www.csst.qc.ca/publications/100/Pages/DC_100_9028.aspx