COVID-19 : recherche de solutions pour les milieux de travail - Culture de sécurité et des risques biologiques

Illustration : Julien Castanié

La recherche : analyse de la culture de sécurité et des risques biologiques pour les infirmières durant la pandémie
de la COVID-19

Équipe de recherche

Laurence Bernard (Université de Montréal) • Alain Biron (Université McGill) Mélanie Lavoie Tremblay (Université McGill) • Lucie richard (Université de Montréal) Agnès Bernard (ETNIC - fédération Wallonie-Bruxelles) • Dave Holmes (Université d’Ottawa)

Les enjeux

La pandémie a frappé de plein fouet le système de santé, déjà sous pression. « Notre équipe a proposé ce projet parce qu’il y avait un besoin dans les milieux cliniques sur le plan de la protection et de la santé et sécurité au travail », explique Laurence Bernard, professeure à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal. La culture de la sécurité variant d’un établissement à l’autre, la prévention des infections, surtout devant la pénurie d’équipements lors de la première vague, préoccupait autant les infirmières que les autres professionnels de la santé.

Les objectifs

L’étude visait à décrire la culture de sécurité d’un établissement de santé et la comparer avec celle qu’on a pu observer durant la pandémie de grippe H1N1. « On cherchait à savoir si et comment les cultures de sécurité avaient évolué depuis 2009 », raconte Laurence Bernard. L’équipe de chercheurs avait également comme objectif d’identifier les risques biologiques auxquels le personnel était exposé, puis de proposer des recommandations et des solutions pour optimiser la culture de sécurité.

La méthodologie

Les observations étant difficiles en contexte de pandémie à cause des risques de transmission de la COVID-19, la collecte de données a pris la forme d’une trentaine d’entrevues avec des professionnels de la santé : infirmières, intervenants en santé et sécurité au travail, inhalothérapeutes, physiothérapeutes, etc.

Masque
Si les inquiétudes durant la première vague de la pandémie tenaient beaucoup au manque d’équipements, le vécu traumatique, le deuil et la souffrance restent omniprésents dans le discours des participants.

Les résultats

Même si l’analyse des entrevues n’est pas terminée, des activités de transfert de connaissances ont déjà eu lieu pour partager les résultats préliminaires de l’étude. Si les inquiétudes durant la première vague de la pandémie tenaient beaucoup au manque d’équipements, le vécu traumatique, le deuil et la souffrance restent omniprésents dans le discours des participants. L’important stress physique et émotionnel, la peur de contaminer ses proches ou soi-même, les préoccupations liées à la réutilisation des masques ou des équipements de protection ont marqué les soignants. « On anticipait les défis par rapport au port de l’équipement individuel et de sa disponibilité, mais on ne s’attendait pas à l’ampleur des symptômes posttraumatiques ni au deuil porté par les soignants du système de santé », constate Laurence Bernard.

Pour affronter la crise actuelle, les pratiques se sont réorganisées, renforçant par le fait même le travail collaboratif, un des aspects positifs qui ressort des entrevues. Cette réorganisation a cependant été parfois mal communiquée et expliquée. « On doit communiquer davantage les risques et ne pas miser uniquement sur la résilience personnelle des infirmières, mais aussi, sur la résilience collective », constate la chercheuse.

Les retombées

L’équipe, qui souhaite formuler un certain nombre de recommandations aux décideurs, a rapidement transmis ses résultats au moyen d’activités de mobilisation des connaissances dans les milieux cliniques, en plus de la communauté scientifique. L’étude, espèrent les chercheurs, contribuera à l’amélioration continue de la qualité des soins tout comme des pratiques de santé et sécurité du travail.

Pour en savoir plus

irsst.info/video2