COVID-19 : recherche de solutions pour les milieux de travail - L'Activité biologique des agents antimicrobiens à base des oxydes de cuivre et d’argent

Illustration : Julien Castanié

La recherche : préparation et évaluation de l’activité biologique des agents antimicrobiens à base des oxydes de cuivre et d’argent utilisés en équipement de protection contre la COVID-19

Équipe de recherche

Phuong Nguyen-tri (Université du Québec à Trois-rivières) • Alireza Saidi (IRSST) Simon Barnabé (Université du Québec à Trois-rivières)

Les enjeux

L’arrivée de la COVID-19 a poussé les scientifiques à élaborer plusieurs stratégies pour ralentir le virus, dont la mise au point de matériaux avancés, notamment des textiles antiviraux pour les professionnels de la santé, particulièrement à risque de contamination. Sous la direction du professeur Phuong Nguyen-Tri de l’Université du Québec à Trois-Rivières, une équipe de chimistes, de polyméristes, de biologistes et d’ingénieurs de textiles innovants s’est attelée à évaluer l’efficacité d’un traitement antimicrobien à base de nanotechnologies (développées par l’entreprise québécoise nanobrand. ca) sur les équipements de protection individuelle en coton et aussi en coton/polyester.

Les objectifs

L’étude visait à créer rapidement des agents antibactériens et antiviraux à base d’oxydes de cuivre et de nanoparticules d’argent (seules ou combinée avec l’oxyde de zinc). L’équipe voulait également éclairer les paramètres qui influent sur l’activité biologique de ces agents et évaluer leur efficacité.

Équipements de protection individuelle
Vérification d’échantillons de nanoparticules synthétisées par la voie photochimique en plus de protéger les travailleurs de la santé, une telle solution s’avère intéressante du point de vue environnemental, alors que les milliers d’équipements de protection individuelle en plastique à usage unique sont jetés, s’accumulant dans la nature, notamment dans les océans.

La méthodologie

Pour démarrer le travail, les scientifiques ont d’abord identifié les matériaux et les méthodes existants, pour ensuite fabriquer des matériaux synthétisés et s’assurer d’optimiser le dépôt de ces substances sur ces textiles. « Après, nous avons mené des tests sur certains types de microbes et de virus dans le laboratoire. Nous voulons éclaircir le mécanisme d’interaction entre le matériau et les types de virus », explique Phuong Nguyen-Tri, titulaire de la Chaire de recherche UQTR sur les matériaux avancés pour la santé. L’équipe a produit une vingtaine d’échantillons de types de nanotechnologies, avant de les comparer pour déterminer lequel était le plus efficace. Le Groupe CTT, situé à Saint-Hyacinthe, fabriquera éventuellement des prototypes à échelle semi-industrielle.

Les résultats

Les résultats préliminaires sont encourageants, confie le professeur Nguyen- Tri : « Plusieurs vêtements traités ont été capables d’éliminer 98 % des virus après une quinzaine de minutes de contact. » Ces résultats impressionnants, qui tranchent avec la littérature sur le sujet, laissent entrevoir la possibilité d’immerger masques et blouses pour prolonger leur durée de vie au lieu de les jeter après chaque utilisation. Les tests de lavage seront aussi révélés, en espérant que le traitement résiste de 20 à 30 lessives et persiste de 2 à 3 mois d’usage normal.

Les retombées

En plus de protéger les travailleurs de la santé, une telle solution s’avère intéressante du point de vue environnemental, alors que les milliers d’équipements de protection individuelle en plastique à usage unique sont jetés, s’accumulant dans la nature, notamment dans les océans. Le chercheur principal croit de plus que ce type de technologie pourrait s’étendre à d’autres applications pratiques, même si le mécanisme précis de désactivation du virus reste à étudier.

Pour en savoir plus

irsst.info/video3