COVID-19 : recherche de solutions pour les milieux de travail - Analyse du travail des premiers répondants

Illustration : Julien Castanié

La recherche : analyse du travail des premiers répondants en gestion de crise pandémique : maximiser la performance et la résilience

Équipe de recherche

Sébastien Tremblay (Université Laval) Marie-eve Drouin (centre de recherche et d’innovation en sécurité civile du Québec (CCTT), campus Notre-dame de Foy)

Les enjeux

Chez les premiers répondants, la prise de décision se fait rapidement, dans un contexte de pression temporelle et de stress. « La COVID-19, avec ses contraintes et les risques additionnels, rend encore plus difficile la situation de prise de décision », explique Sébastien Tremblay, professeur de psychologie à l’Université Laval. « Est-ce que les gens ont la formation adéquate pour cela ? », ajoute sa cochercheuse Marie- Eve Drouin, directrice du Centre de recherche et d’innovation en sécurité civile du Québec (RISC).

Les objectifs

L’équipe visait donc à créer un maillage entre ce que la recherche dit et la réalité des milieux de travail. C’est pourquoi cette étude s’est attardée à atteindre cinq objectifs :

  • Modéliser le travail des premiers répondants en contexte de pandémie (paramédicaux, policiers, agents correctionnels);
  • Évaluer la conscience de la situation et les moyens de l’augmenter;
  • Identifier les risques et les bonnes pratiques;
  • Évaluer l’efficacité des outils de formation en place et leur pérennité ; 5. Développer des outils et des formations pour partager les meilleures pratiques.
Masque
La COVID-19, avec ses contraintes et les risques additionnels, rend encore plus difficile la prise de décision des premiers répondants.

La méthodologie

Les chercheurs ont d’abord modélisé les points de prise de décision des paramédicaux, des policiers et des agents correctionnels, « un peu comme un arbre décisionnel », décrit Marie-Eve Drouin. En contexte de COVID-19, chaque hésitation supplémentaire face à des questions de santé et de sécurité, chaque seconde gaspillée peut avoir un effet très concret. Les résultats des modélisations ont été enrichis et validés à l’aide de questionnaires et d’observations Les questionnaires distribués à différents corps de métier ont exploré la charge mentale, la conscience de la situation, le niveau d’engagement et le niveau de stress. « La méthodologie hybride nous permet de récolter plusieurs perspectives », observe Sébastien Tremblay.

Les résultats

Les résultats préliminaires de la recherche documentaire et qualitative montrent une grande variabilité des instructions données aux divers intervenants. « L’arrivée soudaine de la pandémie a forcé les différents responsables des organisations à entrer rapidement en mode solutions, ce qui a amené de la confusion chez les premiers répondants », note Sébastien Tremblay. Les participants ont mentionné avoir vécu plusieurs changements de consignes au fil du temps, en plus de disposer de peu d’outils pour se les approprier rapidement. Le degré de complexité des outils et leur moyen de diffusion ont notamment eu une influence sur l’adaptation des premiers répondants.

Les retombées

Les chercheurs espèrent identifier les effets de la pandémie sur le plan des consignes et ceux des contraintes sur la prise de décision des intervenants. « Nous voulons trouver des moyens de les rendre plus résilients, en analysant les formations et en les améliorant », soutient Sébastien Tremblay. Les résultats aideront à savoir comment réagir efficacement si jamais une autre situation de crise sanitaire se présente et à réduire ses conséquences pour les premiers répondants. « Leur charge cognitive est déjà très importante, souligne Marie-Eve Drouin. Nous aimerions aider à diminuer la charge supplémentaire de travail, limiter le stress et maximiser la prise de décision dans une situation similaire. »

Pour en savoir plus

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