COVID-19 : recherche de solutions pour les milieux de travail - Mesurer la diffusion de virus à travers les matériaux constituant les équipements de protection individuels

Illustration : Julien Castanié

La recherche : un banc de test à haute sensibilité pour mesurer la diffusion de virus à travers les matériaux constituant les équipements de protection individuels (gants)

Équipe de recherche

Marc-andré Fortin et Caroline Gilbert(Université Laval)

Les enjeux

« En mars 2020, on ne savait pas encore si le contact avec les surfaces était un mode de contamination de la COVID-19 », rappelle Marc-André Fortin, professeur à la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval. Les gants portés par le personnel de santé s’avèrent très efficaces, mais seulement si des instructions précises sont respectées. Or, avec la crise de la COVID-19, tout le personnel des hôpitaux, y compris celui du nettoyage, s’est mis à se laver les mains aux cinq minutes avec du gel à base d’alcool. Cela pouvait-il accroître les risques de contamination ?

Les objectifs

En partenariat avec le CHU de Québec, Marc-André Fortin et Caroline Gilbert, spécialiste en virologie et en infectiologie et professeure à la Faculté de médecine de l’Université Laval, voulaient déterminer si l’utilisation de gel désinfectant sur les gants nuisait à leur efficacité. Marc-André Fortin avait auparavant obtenu une subvention de l’IRSST pour produire une cellule de diffusion, un appareil composé de deux réservoirs de liquide permettant de tester les propriétés cinétiques de molécules. L’objectif était donc de l’adapter aux virus et de mettre au point une procédure de radiomarquage adaptée.

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les chercheurs voulaient déterminer si l’utilisation de gel désinfectant sur les gants nuisait à leur efficacité.

La méthodologie

Les chercheurs ont modifié leur banc d’essai pour pouvoir mesurer le temps de passage du virus à travers les membranes des gants. Après avoir purifié le virus, on le marque d’un radioisotope pour ensuite observer le temps qu’il met à traverser divers matériaux comme le latex, le vinyle ou le nitrile.

Les résultats

L’équipe a pour l’instant réussi à adapter la procédure de radiomarquage des nanoparticules au virus SARS-CoV-2, de même que l’appareil pour l’observer. Les chercheurs ont utilisé une technique faisant appel à l’imagerie nucléaire, laquelle permet un échantillonnage en temps réel. Des tests de plusieurs types de membranes étaient en cours au moment de mettre cet article sous presse.

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Un banc d’essai a été monté afin d’observer le temps que le virus met à traverser le latex, le vinyle ou le nitrile. Photo : Istock

Les retombées

Au terme de la recherche, un rapport incluant des recommandations sur le type de gant approprié au traitement des patients atteints de la COVID-19 sera produit, incluant une marche à suivre en cas de contact des gants avec des liquides désinfectants (temps d’usage sécuritaire, procédure de port et de changement de gants).

Cette nouvelle technologie (radiomarquage et cellule de diffusion) aidera à terme à mieux comprendre les virus et les maladies infectieuses, et même le mode d’administration des vaccins. « Il existe peu de techniques réellement efficaces pour suivre la distribution des virus dans le corps humain dans les premières minutes et heures suivant leur captation. La technique de radiomarquage et d’imagerie des virus développée pendant ce projet de recherche pourra s’appliquer à différents secteurs de la recherche sur les virus et les vaccins. »