Campagne sociétale 2015 – La santé et la sécurité du travail, c’est le moment d’en parler!

225 travailleurs se blessent chaque jour au Québec

Peu importe le milieu, des accidents de travail avec des conséquences irréparables se produisent. Afin de les prévenir, vaut mieux en parler avant. C’est sous cet angle que s’inscrit la campagne 2015 de la CSST, qui vise à rappeler aux Québécois et Québécoises qu’il faut parler de santé et de sécurité au travail dès maintenant.

Sa nouvelle offensive, sous le thème « La santé et la sécurité du travail, c’est le moment d’en parler », montre que la santé et la sécurité du travail doit être une valeur partagée par tous. Parler de santé et de sécurité du travail, c’est prévenir !

Chaque jour au Québec, 225 travailleurs se blessent dans différents secteurs d’activité. En 2014, pas moins de 57 personnes y ont laissé leur vie. La publicité et les différents messages radio et télévisés véhiculés lors de cette campagne démontrent les répercussions qu’un accident peut avoir sur le quotidien des victimes. Des conséquences qui accompagnent les victimes chaque jour pour le restant de leur vie, des histoires qu’elles auront à raconter encore et encore…

Des témoignages percutants

Cette année encore, la campagne vise à faire réfléchir les Québécois et les inciter à parler de santé et de sécurité et, surtout, à agir. À ces fins, Claude Legault, porte-parole des campagnes de la CSST, est allé à la rencontre de quatre travailleurs accidentés pour parler de santé et de sécurité du travail (SST). Du 28 septembre au 25 octobre derniers, des capsules vidéo mettant en lumière les histoires de Marianne, Jonathan, Hubert et Luc ont été diffusées sur le Web et à la télévision. Sans détour, ces derniers ont abordé les conséquences de leur accident sur leurs vies, tant sur le plan personnel, professionnel, familial et social.

Jonathan Plante, paraplégique
Photo : CSST
Jonathan Plante, paraplégique

Tout d’abord, Jonathan Plante est charpentier-menuisier. Le 12 mars 2007, sa vie a changé à tout jamais. Dans le cadre de son travail, il monte sur une passerelle où il n’y a aucune protection contre les chutes. Il perd l’équilibre sur la plateforme et fait une chute de 15 pieds. À 26 ans, des rêves et des projets pour son avenir plein la tête, Jonathan devient paraplégique.

« [Ma blonde et moi], on était en train de bâtir quelque chose. Nous avons dû faire une croix sur tous nos projets. Ce que je dis aux gens, c’est que ce que vous avez de plus précieux ne tient qu’à un fil. Ce sont vos actions qui vont faire en sorte que ce fil-là va tenir ou lâcher. »

Hubert Roy, amputé partiel de la main
Photo : CSST
Hubert Roy, amputé partiel de la main

Le 27 février 2014, Hubert Roy, aide-lamineur chez ArcelorMittal, se rend au travail comme tous les matins. Sauf que, ce matin-là, sa main se coince dans un laminoir. Pour la dégager, il lui a fallu donner plusieurs coups, tirer à contresens, de toutes ses forces. « Je suis content de m’en être sorti, mais c’est fâchant parce que ça touche toute la famille et les amis […]. À l’usine, même les collègues étaient beaucoup plus prudents par rapport à leurs machines », raconte-t-il. Dans cette capsule, Luc Lacerte, le patron de M. Roy, mentionne qu’efficacité opérationnelle peut cohabiter avec sécurité. « Quand l’accident est arrivé, on a décidé de changer le milieu. Une fois que des gardes ont été mises sur les cages [de laminage], on a atteint notre niveau de production de 2013, qui était notre année record. »

Marianne Loranger, traumatisée crânienne
Photo : CSST
Marianne Loranger, traumatisée crânienne

Une autre capsule que les Québécois ont pu voir est celle de Marianne Loranger, une palefrenière chez un éléveur de chevaux de course. Le 29 janvier 2002, elle subit un traumatisme crânien causé par une ruade de cheval à la tête. Elle n’a aucun souvenir de son accident, mais elle est retrouvée inconsciente dans la stalle de l’écurie. La ruade ayant laissé un trou béant dans sa tête, elle a subi deux opérations visant à installer une plaque de titane afin que rien ne paraisse. « Toute ma vie a changé. J’ai moins d’énergie, je suis souvent fatiguée, et j’ai dû faire mon deuil des chevaux. »

Luc Turcotte, grand brûlé
Photo : CSST
Luc Turcotte, grand brûlé

La dernière capsule, qui raconte l’histoire de Luc Turcotte, laisse également place à la réflexion. Le 16 mars 2013, à la suite du bris d’un tuyau, cet opérateur de bouilloire dans une usine de pâtes et papiers souffre de brûlures au deuxième et troisième degrés sur 90 % de son corps. Dix-sept opérations s’en sont suivies. « Je suis limité dans tout ce que j’entreprends. Si je fais trop d’efforts, j’ai de la difficulté à reprendre mon air, j’ai mal dans les jambes et les pieds, c’est atroce! », lance-t-il. Sur le coup, il ne réalisait pas la gravité des blessures, mais maintenant, il prend conscience du fait qu'il devra composer avec elles toute sa vie.

Ces témoignages démontrent les conséquences réelles d’accidents qui se produisent au Québec. Ils sensibilisent la population québécoise à l'importance de la SST et contribuent à faire en sorte qu'elle devienne une valeur de société. Également, afin d’appuyer la thématique de la campagne de 2015 et d’inciter la population à parler de SST, la CSST a mis en ligne un blogue, dans lequel Pierre Privé, un expert de la Direction générale de la prévention-inspection, parle d’accidents du travail et des moyens de prévention à mettre en place pour éviter que d’autres travailleurs subissent de telles conséquences. Vous pouvez aller consulter ce blogue et visionner les capsules de Marianne, Jonathan, Hubert et Luc à parlersst.com .