Gardez les pieds au sol, même en hauteur !

Photo : Déco Romax
Photo : Déco Romax

Dans tous les secteurs d’activité, il existe plusieurs situations où des travaux en hauteur sont à réaliser. Pour minimiser les risques de chute, l’utilisation d’appareils conçus pour le levage de travailleurs, telles les plateformes élévatrices, peut être envisagée. La plupart des travaux en hauteur peuvent s’effectuer avec ce type de machines, par exemple la pose de revêtement extérieur ou de gouttières ou les travaux de maçonnerie. Il s’agit de choisir l’équipement approprié en fonction de la tâche à accomplir.

 

La surface de travail pour un travailleur perché sur une échelle se résume à… un barreau ! En plus d’accomplir sa tâche souvent à bout de bras, en se contorsionnant et en multipliant les « monte/descend » pour replacer son échelle, il joue sa sécurité sur ce barreau ! Pas étonnant que les accidents soient si fréquents !

C’est justement pour l’ensemble de ces considérations de rapidité, de confort, et surtout de sécurité, que Roger Bélanger, propriétaire de Déco Romax, une entreprise de peinture de bâtiments à Québec, a récemment troqué l’échelle pour la nacelle. Plus pratique, dit-il, pour repeindre des toits, des corniches ou des bordures de fenêtres dans des endroits pas toujours commodes d’accès avec une échelle ou un échafaudage. « J’ai toujours trouvé que c’est limite de s’attacher sur une échelle avec une corde et un harnais, explique-t-il, même si on en a le droit. Tandis qu’avec une nacelle à bras articulé, on peut aller où on veut, c’est plus facile, plus rapide, et surtout, beaucoup plus sécuritaire. »

Ceux qui respectent intégralement les règles de sécurité de base ayant trait aux échelles se font plutôt rares, c’est pourquoi la CNESST travaille actuellement à promouvoir l’utilisation d’appareils de levage de personnes, aussi appelés « équipement d’accès », en remplacement des échelles le plus souvent possible. Ce sont des appareils nettement plus sécuritaires pour changer un luminaire haut perché, réparer une conduite de ventilation ou monter sur un camion-citerne pour échantillonner son contenu, entre autres exemples. « Les échelles sont instables et engendrent beaucoup d’accidents, tandis que les plateformes élévatrices fournissent un espace de travail sécuritaire, indique Pierre Bouchard, ingénieur, chef d’équipe Construction à la Direction générale de la prévention-inspection de la CNESST. Elles sont munies d’un garde-corps qui place le travailleur à l’abri des chutes. Il y a une différence très importante entre les deux méthodes de travail. »

En plus, la législation favorise manifestement ce type d’appareil, puisque la Loi sur la santé et la sécurité du travail insiste sur l’élimination à la source des dangers. Quand on ne peut exécuter certains travaux au sol, il faut alors privilégier des moyens visant à protéger le travailleur le plus efficacement possible. Dans le cas qui nous occupe, le travail en hauteur, il convient donc d’empêcher la chute à l’aide de l’équipement de protection collective, supérieur à l’équipement de protection individuelle. « Les appareils de levage munis de garde-corps en font partie et constituent donc un moyen de prévention à privilégier », indique Dorothée Vallée, ingénieure et conseillère experte, secteur Construction, à la Direction générale de la prévention-inspection de la CNESST.

Les plateformes élévatrices automotrices de type ciseau ou à bras articulé ou encore différents engins élévateurs installés sur des véhicules comme ceux qu’utilisent les entreprises d’électricité ou de télécommunication font déjà partie de la réalité de plusieurs milieux de travail depuis des dizaines d’années. Ils sont destinés à des usages multiples dans une foule de secteurs d’activité, peuvent être loués, raccourcissent la durée d’exécution d’un travail par leur côté pratique et augmentent considérablement la sécurité des travailleurs. C’est ce qui explique leur popularité grandissante. Aujourd’hui, en plus, ils se démocratisent. Des modèles plus petits, plus légers, moins chers, qu’on peut remorquer facilement et qui n’abîment pas les pelouses ont fait leur apparition.

Ces modèles ont aidé Roger Bélanger à se convaincre d’en acquérir un. Il en louait déjà, sauf que la location lui convenait moins que d’avoir son propre équipement. Il est si content aujourd’hui pour la sécurité et pour l’économie de temps qu’il est sur le point d’en acquérir un deuxième, qui monte un peu plus haut. Effet secondaire imprévu : la nacelle lui procure des contrats. « Ça fait plus professionnel, plus propre et plus rapide, énonce-t-il. Grâce à cette pièce d’équipement, les gens nous demandent de poser des lumières de Noël dans des sapins très hauts ou encore d’atteindre des corniches impossibles à rejoindre autrement. En plus, l’appareil est léger, n’émet aucun bruit et ne pollue pas (pour ceux qui fonctionnent à l’électricité). »

Des précautions de base

Les différentes plateformes élévatrices sont considérablement plus sécuritaires qu’une échelle, ce qui ne veut pas dire qu’elles sont totalement dépourvues de risques. En fait, les accidents sont rares. Mais pas inexistants. Des travailleurs ont été blessés ou tués quand la plateforme où ils se trouvaient a basculé. Cela peut arriver en raison d’un sol encombré, instable ou inégal, en heurtant un obstacle lors du déplacement de la plateforme, ou encore si la plateforme descend en chute libre à cause d’un défaut non détecté lors d’une inspection. Le contact avec des fils électriques constitue également un grand danger. Obéir à certains grands principes maximise la sécurité des travailleurs qui montent à bord.

Avant même d’utiliser l’un de ces appareils, il faut avoir été formé sur son maniement et son inspection quotidienne. Les locateurs doivent en principe fournir ces formations. Elles également offertes par différentes organisations patronales et par des associations sectorielles paritaires (ASP). Comme pour la conduite automobile, une bonne ouïe, une bonne vue et n’avoir consommé ni alcool ni drogues sont incontournables. Il faut maîtriser les commandes dans toutes sortes de situations, par exemple pour éviter de faire basculer l’appareil quand la nacelle est en porte-àfaux et pouvoir le déplacer sur un terrain pas toujours nivelé, comme un tarmac. Le cours doit aussi couvrir toutes sortes de considérations comme la charge, la hauteur et la portée maximales de l’appareil, l’utilisation des stabilisateurs, la compréhension des fonctions et des commandes et les différents dispositifs de sécurité à bord, qui, toutes, figurent dans le manuel du fabricant, à garder précieusement sous la main.

Des accidents peuvent aussi survenir quand des pièces d’assemblage sont manquantes, défectueuses ou usées, comme des goupilles ou des boulons. Aussi bête que ça. C’est donc dire à quel point l’inspection des appareils est importante. Les inspections visuelles doivent être quotidiennes, avant chaque utilisation. D’autres inspections plus en profondeur doivent être faites périodiquement, par une personne qualifiée, qui fournit un certificat d’inspection. Bien entendu, si une défaillance est repérée, il faut interdire l’utilisation de l’appareil jusqu’à la réparation complète.

Durant l’utilisation, il est nécessaire de baliser le périmètre de déplacement de l’appareil au sol en disposant des cônes ou un cordon de sécurité délimitant la zone de travail. Un vent violent, de l’orage, du brouillard, une tempête ou du verglas sont autant de conditions climatiques qui devraient freiner l’utilisation d’une plateforme élévatrice.

On évitera bien entendu de surcharger la plateforme avec des matériaux, des outils ou des travailleurs en trop grand nombre, en respectant les instructions du fabricant.

Ce ne sont là que quelques exemples. Les personnes intéressées trouveront un maximum d’information dans le guide de prévention de l’ASP Construction, Les plateformes de travail élévatrices automotrices  .