Votre travail est-il rémunéré à sa juste valeur?

Mélanie est serveuse. Elle adore conseiller la clientèle sur les particularités du menu et s’assurer que son expérience au restaurant est mémorable. Elle gère de nombreuses tables, répond aux demandes et aux restrictions alimentaires des clients et doit aussi préparer les boissons spécialisées. Une fois les services terminés, les longues heures de travail debout se poursuivent avec la desserte des tables et l’entretien de la salle.

Jasmine est réceptionniste dans un bureau d’avocats. Elle aime appuyer les différents membres de l’équipe tout en offrant un service à la clientèle hors pair. Ses tâches sont très variées. Elle accueille les clients, répond au téléphone, organise des réunions et gère l’agenda de plusieurs avocats. Dans ses contacts avec la clientèle, la discrétion et la confidentialité sont essentielles. Les interruptions sont fréquentes et les imprévus font partie du quotidien.

Jean est caissier à l’épicerie du coin. Il doit faire une gestion rigoureuse des transactions monétaires en plus d’offrir un service à la clientèle impeccable. Il doit aussi rester de longues heures debout. Pour diminuer sa fatigue au niveau des jambes, il s’est acheté des chaussures confortables et des bas de contention.

Les histoires de Mélanie, de Jasmine et de Jean ont une chose en commun. Les trois occupent un emploi à prédominance féminine, des emplois majoritairement et historiquement occupés par des femmes. Ces emplois exigent plusieurs aptitudes comme la capacité à exercer plusieurs tâches en alternance rapide ou la capacité à travailler dans un environnement physiquement ou psychologiquement difficile.

Toutefois, les compétences requises pour ce type d’emploi ont longtemps été sous-évaluées parce qu’elles sont typiquement féminines. Il arrive que ces perceptions soient encore présentes dans la société à cause de biais inconscients, qui accordent plus de valeur aux aptitudes demandées dans les emplois à prédominance masculine.

Une façon d’évaluer qui ne date pas d’hier

La sous-évaluation involontaire des emplois à prédominance féminine a des racines sociohistoriques. Lorsque les femmes sont entrées massivement sur le marché du travail dans l’après-guerre, elles se sont concentrées dans des domaines axés sur les soins et l’éducation des jeunes enfants, des secteurs vus comme le prolongement de leur rôle au foyer.

Puisqu’on considérait leur travail comme la continuité de ce qu’elles faisaient déjà à la maison, de nombreuses tâches et responsabilités de ces travailleuses n’ont pas nécessairement été prises en compte au moment de déterminer leur salaire. La façon de penser selon laquelle les femmes avaient des dispositions naturelles pour prendre soin des autres, interagir avec eux ou les servir était largement répandue dans la société. Les qualifications et les efforts nécessaires pour assurer ces responsabilités n’ont donc pas été considérés dans l’évaluation de certains emplois, ne permettant pas la juste rémunération d’un très grand nombre de femmes.

Loi sur l’équité salariale : le travail rémunéré à sa juste valeur

L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes résulte partiellement du fait que certaines exigences des emplois principalement occupés par des femmes ne sont pas nécessairement prises en considération lors de leur évaluation.

En 1996, le Québec a adopté la Loi sur l’équité salariale, une loi novatrice en matière d’équité femmes-hommes. La Loi a pour but d’assurer un salaire égal pour des personnes occupant un emploi à prédominance féminine de même valeur qu’un emploi à prédominance masculine dans une même entreprise.

Un salaire moins élevé en raison de tâches associées à des caractéristiques féminines peut constituer de la discrimination fondée sur le sexe. Cette forme de discrimination n’est pas toujours facile à reconnaître et n’est pas toujours exercée volontairement. La Loi sur l’équité salariale assure que les employeurs fassent des démarches pour éliminer cette forme de discrimination.

Ces démarches visent à déterminer s’il existe un écart entre les salaires offerts pour des emplois équivalents dans l’entreprise.

Pour faire cette analyse, la CNESST met gratuitement à la disposition des employeurs un outil téléchargeable : le Progiciel pour réaliser l’équité salariale et en évaluer le maintien.

L’existence de cette loi est une démonstration de l’importance de l’équité dans la société québécoise et contribue notamment à modifier les mentalités et les perceptions à l’égard des aspects du travail effectué majoritairement par des femmes.

Faire valoir ses droits

La CNESST fournit également de l’information et des services aux travailleuses et aux travailleurs pour assurer le respect de leurs droits et de la Loi. Différentes modalités de la Loi sur l’équité salariale permettent aux travailleuses et travailleurs du Québec de s’impliquer dans les travaux d’équité salariale et de faire valoir leurs droits. Toutes et tous sont donc invités à prendre part activement au processus d'équité salariale.

Pour bien comprendre votre rôle et vos droits, consultez le cnesst.gouv.qc.ca/equite. Vous y trouverez une multitude d’outils mis à votre disposition, tels que la section « travailleuse » et un webinaire sur les droits et recours en matière d’équité salariale.