Valérie Savoie : l’importance de l’activité physique au travail

Valérie Sirois
Valérie Sirois

Il y a déjà 36 ans, Olympe, une entreprise visionnaire de Chicoutimi, proposait des services de santé et de mieux-être aux entreprises. Valérie Savoie, directrice activité physique santé et mieux-être chez Olympe, nous donne des trucs pour intégrer l’activité physique et d’autres bonnes habitudes à notre vie professionnelle.

Comment Olympe agit-elle sur la santé et le mieux-être en milieu de travail?

VALÉRIE SAVOIE : Olympe accompagne les employeurs pour qu’ils mettent en place des actions en lien avec les quatre sphères de la santé et du bien-être. La première sphère concerne les habitudes de vie et comprend l’activité physique, l’alimentation, le sommeil et la gestion du stress. La deuxième sphère correspond à l’élaboration d’un environnement de travail favorable à la santé, ce qui peut consister en des postes de travail ergonomiques ou en une cafétéria qui favorise la détente. La troisième sphère concerne la gestion pour développer un climat de travail sain. La quatrième sphère est celle de l’équilibre entre le travail et la vie personnelle.

Quels sont les bénéfices de l’activité physique pour les employés et leurs employeurs?

V. S. : Les entreprises qui posent des actions concrètes pour avoir du personnel en santé voient une augmentation de leur productivité, une baisse de l’absentéisme ainsi qu’une diminution des blessures et des maladies chroniques. Cela est aussi bon pour l’image de l’entreprise ainsi que pour le recrutement et la rétention des employés. Les jeunes générations veulent être bien dans leur milieu de travail et elles s’attendent à ce que leur santé et leur bien-être y soient pris en compte.

Les entreprises doivent-elles absolument investir dans un gym pour faire faire de l’activité physique à leurs employés?

V. S. : Il n’est pas nécessaire d’aller au gym pour constater des bénéfices sur la santé! On peut marcher, faire une séance d’étirements, du yoga... Des entreprises offrent des cours de groupe à l’extérieur, d’autres mettent sur pied un club de marche, d’autres encore peuvent encourager le transport actif... Je dirais que le fait d’avoir une douche sur place devrait avoir priorité sur la construction d’une salle d’entraînement. En outre, sans investir dans un gym, une entreprise peut aménager une salle de réunion avec des tables et des chaises pliantes qu’on peut mettre de côté afin de libérer de l’espace et organiser des entraînements de groupe.

Quelles actions proposez-vous afin d’agir sur les autres volets du bien-être, comme le stress et l’alimentation?

V. S. : Pour la gestion du stress, on peut intégrer des séances de méditation et de yoga à sa routine. Par exemple, une entreprise a aménagé une salle de détente avec une chaise très confortable, un éclairage doux et une musique relaxante. On peut aussi offrir aux employés d’assister à des conférences sur le sommeil et la gestion du stress. Toutefois, quand on parle de stress, il est important de réfléchir aux causes sousjacentes et de chercher à éliminer ces dernières. Si le stress vécu est lié au travail, la méditation et une formation sur la gestion du stress ne règleront pas le problème. Il faut alors revoir les pratiques internes. En ce qui concerne le volet alimentation, l’entreprise peut insérer plus de collations santé dans les machines distributrices et aménager une salle à manger qui donne le goût de prendre son temps pour bien manger.

Pouvez-vous nous donner des exemples de « services santé et bien-être » que vous offrez aux entreprises qui en font la demande?

V. S. : Nos kinésiologues se déplacent dans les milieux de travail. Ils peuvent faire des interventions ponctuelles, comme présenter une conférence ou un atelier, ou accompagner l’entreprise dans l’établissement de son plan santé et mieux-être. Ils peuvent aussi animer des séances d’entraînement de groupe ou un club de marche ou de course. Ils peuvent également effectuer des rencontres individuelles avec les employés pour leur proposer un plan d’entraînement sur mesure et suivre la progression de leur condition physique.

Comment la pandémie de COVID-19 a-t-elle affecté les activités d’Olympe?

V. S. : Avec la pandémie, nos activités ont pris un virage virtuel. Les kinésiologues font des programmes d’entraînement, des évaluations et des cours de groupe par internet. On a aussi des balados et des conférences virtuelles. On fait des rencontres Web avec des entreprises pour faire des analyses ergonomiques et développer leurs stratégies de santé et mieux-être.

Comment motiver les personnes récalcitrantes à faire de l’activité physique?

V. S. : C’est justement ces personnes qu’on veut aller chercher parce qu’une fois qu’elles sont en action, ce sont elles qui en tirent les plus grands bénéfices, ce qui se reflète sur l’entreprise. Toutefois, il ne faut pas que les gens se sentent obligés de participer à une activité physique ni qu’ils se sentent mal de ne pas participer s’ils n’en ont pas envie. Il faut plutôt leur donner envie de participer. Pour ça, il est très important d’avoir des activités inclusives, qui ne sont pas axées sur la performance. Par exemple, dans une salle d’entraînement, on peut avoir des poids, mais il faut varier l’offre avec d’autres accessoires, comme des élastiques.

Faut-il encourager même les personnes qui occupent un emploi physique à bouger davantage?

V. S. : Les employés qui sont déjà actifs dans le cadre de leurs fonctions ont une longueur d’avance sur les travailleurs sédentaires. Toutefois, je n’ai pratiquement jamais rencontré de travailleurs actifs qui exerçaient leurs capacités cardiovasculaires au travail. Pour atteindre les recommandations en matière d’activité physique, il faut avoir un essoufflement. Le travail cardiovasculaire est le plus important pour se protéger des maladies chroniques.