Le sommeil et la productivité au travail : Un lien indissociable

On recommande aux adultes de 18 à 64 ans de dormir entre 7 et 9 heures par nuit. Or, en raison du rythme de vie effréné que plusieurs d’entre nous ont adopté, les cas d’insuffisance de sommeil sont fréquents. Selon la clinique virtuelle de sommeil HALEO, un peu plus de 50 % des adultes présentent des symptômes d’insomnie. Nous nous sommes entretenus avec deux experts de la clinique afin de mieux comprendre les répercussions d’un sommeil insuffisant sur la vie professionnelle.

« Ça arrive à tout le monde d’avoir une mauvaise nuit de sommeil. On en voit les effets dès le lendemain », affirme d’emblée la directrice des services médicaux de la clinique HALEO, la Dre Marie-Hélène Favreau. Selon elle, il faut commencer à s’inquiéter quand la situation devient chronique. Ainsi, on dit qu’une personne souffre d’insomnie chronique lorsqu’elle fait face à des problématiques d’endormissements, de réveils fréquents ou de nuits trop courtes trois jours ou plus par semaine pendant trois mois. « Les impacts deviennent alors beaucoup plus sérieux parce que nos réserves de sommeil sont complètement épuisées », explique-t-elle.

Se réveiller trop tôt serait un autre symptôme trop souvent oublié, selon le vice-président de la clinique, Julien Héon. « Il y a des gens qui se lèvent à 6 h sans cadran, mais à 9 h 30, ils sont déjà épuisés. Ces gens ne suspectent que rarement un trouble du sommeil », affirme-t-il.

Des effets directs sur la productivité

Au travail, une mauvaise qualité de sommeil se traduit par des endormissements, des troubles de concentration ou des perturbations de l’humeur. La performance, la productivité et la qualité du travail s’en trouvent directement affectées. Dans certains cas, cela peut même mener à des accidents de travail... Selon les données publiées par HALEO, les études démontrent que les coûts de présentéisme et d’absentéisme associés à l’insomnie s’élèvent à 16 G$ par année au Canada. Les employés souffrant d’insomnie sont d’ailleurs 2,5 fois plus susceptibles d’être en situation d’invalidité, et prennent plus de 3 fois plus de jours d’absence que les bons dormeurs.

La formule gagnante

Selon les deux experts interviewés, les éléments et habitudes de vie suivants ont des répercussions directes sur la qualité du sommeil : l’alimentation, la consommation de caféine et d’alcool, l’exposition à la lumière bleue avant de dormir, l’exercice physique, la température et le bruit. « Lorsqu’on modifie ces éléments-là et que ça ne fonctionne pas, c’est là qu’il faut consulter », assure Julien Héon.

La Dre Favreau rappelle aussi qu’une consommation de caféine trop tard dans la journée nuit au sommeil : « Dans un monde idéal, on devrait cesser la caféine avant midi », indique-t-elle. Qui plus est, bien que l’activité physique régulière ait des effets bénéfiques sur la qualité du sommeil, en faire trop tard le soir, avant d’aller au lit, peut avoir l’effet inverse. En effet, après 19 h, la température du corps s’abaisse et la vigilance diminue; notre organisme se prépare doucement à l’heure du coucher. Pratiquer un sport après cette heure peut ainsi perturber le rythme biologique. De plus, on devrait éteindre les écrans au moins 2 heures avant de dormir. « La lumière bleue envoie un signal au cerveau, qui croit qu’il fait jour. Ça dérègle notre cycle de sommeil », explique la Dre Favreau. Même la température influence la qualité du sommeil; c’est pourquoi il est recommandé de maintenir la température de la pièce un peu plus basse la nuit.

Selon l’experte, effectuer un exercice de relaxation avant d’aller au lit peut aussi être la clé d’un sommeil de qualité. « Il faut que chacun trouve son modus operandi », illustre-t-elle. En effet, certaines personnes opteront pour le yoga ou la méditation pleine conscience, alors qu’une marche à l’extérieur sera la solution pour d’autres.

Quand le cercle vicieux s’installe

Si le sommeil influence la productivité au travail, dans certains cas, ce sont les conditions de travail qui influencent la qualité du sommeil. « Il arrive qu’un stress lié au travail fasse en sorte qu’on a plus de difficulté à s’endormir, et cela occasionne des problématiques au travail... Ça devient un cercle vicieux », affirme la médecin.

Dans un tel cas, la Dre Favreau est d’avis qu’on doit se rappeler qu’il y a des choses sur lesquelles on a un certain contrôle et d’autres sur lesquelles on en a très peu, voire aucun. Pour illustrer son propos, elle donne l’exemple d’une infirmière qui travaille aux soins intensifs d’un hôpital : « Elle n’a pas de contrôle sur les cas qui se présentent à elle ni sur ses conditions de travail. Par contre, elle a le contrôle sur son alimentation, sur son hygiène de vie, sur l’exercice physique qu’elle pratique, sur le fait d’éviter les écrans de cellulaire avant de se coucher... C’est à ces facteurs qu’il faut d’abord s’attaquer », explique-t-elle.

Les horaires atypiques : tout un défi!

Les éléments qui influencent la qualité du sommeil varient beaucoup d’une personne à l’autre. Il y a des gens qui fonctionnent très bien avec des horaires rotatifs, coupés ou encore de nuit. Toutefois, physiologiquement parlant, le corps humain est fait pour dormir la nuit. « Le problème avec les quarts de travail rotatifs ou de nuit, c’est qu’on tente de modifier notre rythme circadien naturel », indique la Dre Favreau. Ainsi, il devient encore plus important pour les gens dans cette situation de faire attention aux éléments qui peuvent avoir un effet sur la qualité de leur sommeil. Par exemple, si elles veulent profiter d’une bonne qualité de sommeil pendant la journée, ces personnes doivent créer un environnement très sombre et sans bruit afin de profiter d’un minimum de 5 à 6 heures de sommeil, sans interruption.

Des pistes de solution

Quand les trucs et astuces cités plus haut ne suffisent pas, les experts de la clinique HALEO recommandent la thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie. Cette approche médicalement reconnue offre une solution permanente aux troubles de sommeil. La clinique HALEO offre un programme s’adressant tant aux employeurs désirant limiter les conséquences de ces troubles sur leur organisation qu’aux individus à la recherche d’une solution efficace. Grâce à une application mobile, les séances avec un thérapeute agréé se déroulent de façon virtuelle. De même, la clinique propose un programme unique pour les travailleurs aux horaires atypiques.

Nous remercions les experts de la clinique HALEO, Dre Marie-Hélène Favreau et M. Julien Héon pour leur participation à ce reportage.