Saison estivale

Ce qu’il faut savoir sur la maladie de Lyme

Par Louis-Antoine Lemire

14 juin 2022

Avec l’adoption de la Loi modernisant le régime de santé et sécurité du travail, la maladie de Lyme, une infection causée par la bactérie Borrelia burgdorferi, se retrouve sur la liste des maladies et conditions particulières aux fins de l’application de la présomption de maladie professionnelle. Ainsi, un travailleur dont les tâches impliquent un contact avec des humains, des animaux ou du matériel contaminés par des parasites comme la bactérie Borrelia burgdorferi n’a plus à démontrer qu’il a contracté la maladie de Lyme dans le cadre de son travail pour être indemnisé. Marie-Josée Caron, conseillère experte en prévention-inspection à la CNESST, nous en dit plus long sur cette maladie sournoise.

Au Québec, ce sont les tiques à pattes noires, aussi appelées les tiques du chevreuil, qui peuvent être porteuses de la bactérie Borrelia burgdorferi et transmettre la maladie de Lyme lorsqu’elles piquent. Ces tiques ne volent pas et ne sautent pas. Elles s’accrochent aux gens lorsqu’ils sont en contact avec des végétaux, en forêt, dans un boisé, dans les herbes hautes ou dans des amas de feuilles, ou lorsqu’ils font leur jardinage. Les tiques porteuses de la bactérie se retrouvent davantage au sud de la province, par exemple à Montréal, en Estrie, en Mauricie, en Montérégie, en Outaouais, dans les Laurentides et dans Lanaudière. L’Institut national de la santé publique du Québec rapportait qu’en 2020, 274 cas de maladie de Lyme ont été déclarés aux autorités de santé publique, dont 250 cas confirmés ou probablement contractés au Québec.

Une piqûre de tique est différente de celle d’un maringouin. « La tique va souvent rester sur la peau, explique Mme Caron. Une rougeur en forme d’anneau ou de cible, d’un diamètre de cinq centimètres ou plus, peut apparaître à l’endroit de la piqûre. La piqûre de maringouin, quant à elle, se manifeste davantage par le biais d’une petite bosse. » Bien que la rougeur soit le symptôme le plus courant d’une piqûre de tique infectée, la maladie de Lyme peut en présenter d’autres. « La personne affectée peut avoir un sentiment de fatigue, de la fièvre et des courbatures. Ce sont des symptômes assez généraux. C’est pour ça que cette maladie peut passer inaperçue », précise-t-elle.

Selon Mme Caron, si une personne retire rapidement la tique infectée de la peau, soit moins de 24 heures après la piqûre, le risque de développer la maladie est beaucoup moins important. Cependant, si la tique demeure longtemps sur la peau, la personne est à risque de développer d’autres symptômes. « Si cette affection n’est pas traitée rapidement, des complications peuvent survenir plusieurs semaines, voire plusieurs mois après la piqûre de la tique », prévient l’experte. Les complications en question peuvent être, par exemple, des problèmes articulatoires, cardiaques et neurologiques.

4 symptômes de la maladie de Lyme pouvant apparaître si elle n’est pas détectée et traitée rapidement

  • Douleur à la poitrine, palpitations ou étourdissements
  • Apparition de plusieurs rougeurs qui s’étendent sur la peau, avec peu ou pas de douleur ou de démangeaison
  • Enflure peu douloureuse à une ou plusieurs articulations
  • Douleur à la nuque, paralysie du visage, engourdissement d’un membre, maux de tête importants

Retirer une tique… En toute sécurité

Le site Web de Québec.ca recommande d’utiliser un tire-tique ou une pince à épiler pour retirer une tique. Il n’est pas recommandé d’utiliser ses doigts. Quand on retire la tique, il est important de ne pas presser son abdomen, car cela augmente le risque de transmission de la bactérie. Il faut la retirer d’un mouvement continu, sans la tourner ou l’écraser. Ensuite, il faut la placer dans un contenant hermétique, comme un contenant à pilules vide. On suggère d’indiquer sur le contenant la partie du corps qui a été piquée et la date du retrait de la tique. De plus, il est recommandé de garder le contenant avec la tique dans le réfrigérateur. Il pourrait servir lors d’une consultation avec un médecin.

Prévenir pour mieux guérir

Les personnes qui travaillent dans les régions où la tique porteuse de la maladie de Lyme est endémique sont invitées à participer à la prise en charge de la santé et de la sécurité du travail. Pour cela, ils doivent porter des vêtements longs lorsqu’elles sont à l’extérieur, à entrer le bas de leurs pantalons dans leurs chaussettes ou leurs bottes et leur chandail dans leur pantalon afin de limiter les zones visibles où les tiques pourraient s’accrocher (celles-ci détectent la chaleur). Afin de protéger les zones du corps qui ne sont pas recouvertes par les vêtements, on peut utiliser un chasse-moustiques et porter un chapeau. Il est également fortement suggéré de porter des vêtements de couleur claire afin de bien voir s’il y a une tique qui s’est accrochée à ses vêtements. Dans les deux heures suivant un travail à l’extérieur, il est recommandé de prendre un bain ou une douche et d’examiner sa peau. Ceci permettra de détecter la présence de tiques et de les retirer le plus rapidement possible. Si une tique est repérée, il faut la retirer adéquatement et appeler Info-Santé 811. Selon l’évaluation de la situation, une consultation avec un professionnel de la santé pourrait être indiquée et un antibiotique pourrait être prescrit de façon préventive.

Quand la maladie de Lyme s’invite au travail

Les travailleuses et les travailleurs forestiers, les biologistes, les agentes et agents de la faune ainsi que les personnes qui œuvrent dans le domaine de l’aménagement paysager et de l’agriculture peuvent être touchés par cette maladie. « Il y a une augmentation du nombre de cas de la maladie de Lyme depuis quelques années. Les travailleuses et les travailleurs peuvent être affectés pendant des mois. C’est pourquoi il faut mettre l’accent sur la prévention afin de former et d’informer les travailleuses et les travailleurs ainsi que les employeurs sur cette maladie qui peut être difficile à diagnostiquer », termine Mme Caron

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