La trousse de l’ASSTSAS

Un outil pour optimiser la gestion de la prévention dans le secteur de la santé

Par Sarah Marchand

11 novembre 2020

Peu d’établissements du réseau de la santé disposent d’un système de gestion intégré de la prévention en santé et sécurité du travail (SST). Afin d’adopter une approche structurée en la matière, l’Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales (ASSTSAS) a conçu une trousse qui propose un cadre de référence flexible pour la gestion de la prévention. On vous présente cet outil incontournable.

Pour réaliser sa trousse de gestion de la prévention en SST, l’ASSTSAS s’est basée sur la norme CSA-Z1000-14 – Gestion de la santé et de la sécurité au travail, qui définit la santé et la sécurité au travail comme suit : « La promotion en milieu de travail du mieux-être physique, mental et social des travailleurs et la prévention ainsi que la protection des travailleurs contre les conditions de travail et les facteurs qui peuvent nuire à leur santé et leur sécurité ». Il est à noter que les employeurs du Québec (incluant le secteur de la santé) n’ont toutefois pas l’obligation légale d’adhérer à cette norme. Celle-ci est toutefois considérée comme étant une « règle de l’art » dans ce domaine au niveau canadien.

Dans le réseau de la santé, les activités de prévention sont nombreuses, mais elles sont souvent très ciblées, explique Yves Cormier, conseiller à l’ASSTSAS. Pendant de nombreuses années, les spécialistes en SST y étaient embauchés pour leur expertise propre à certains enjeux vécus dans les établissements, comme les problèmes musculosquelettiques. Or, depuis peu, le réseau se tourne de plus en plus vers des spécialistes en gestion de la SST. Nous avons donc senti que le moment était propice pour outiller nos membres afin qu’ils puissent mettre en place une approche globale et structurée de la gestion de la prévention en SST. »

Une trousse des plus complètes

L’équipe de l’ASSTSAS a mis un peu plus d’un an pour monter cette trousse, qui contient des outils ayant fait leurs preuves sur le terrain et permettant d’implanter une véritable structure de gestion de la prévention adaptée à chaque milieu de travail. Ce processus à la fois chronologique et flexible permet d’identifier les éléments manquants au sein d’une organisation et peut être utilisé en complémentarité avec tout autre modèle de gestion déjà implanté, comme celui qui avait été développé par l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux.

Des outils pour « planifier, faire, vérifier et agir »

La trousse de l’ASSTSAS a été pensée dans une optique d’amélioration continue. Ainsi, lors de sa création, l’équipe s’est inspirée des principes de la roue de Deming, qui propose de partir d’un élément existant et de réaliser successivement quatre phases visant à améliorer le fonctionnement initial. Différents outils, comme des grilles, des guides, des fiches et des formations, ont donc été conçus pour être utilisés lors de chacune des phases, que voici :

  1. Planifier

    La phase de planification est sans conteste la plus importante… et la plus exigeante. Elle vise à dresser le portrait le plus fidèle possible de toutes les actions déjà en place afin de favoriser la gestion de la prévention dans un établissement, puis à identifier les manquements et les améliorations possibles. En effet, il est rare qu’une organisation parte de zéro. Comme l’a expliqué William Edwards Deming, un statisticien, auteur et consultant américain dans le domaine du management : « Commençons par améliorer ce que nous savons faire, mais pas encore assez bien. Ensuite, nous innoverons. Mais pas l’inverse. »

    L’ASSTSAS propose donc un guide pour effectuer l’examen initial des pratiques d’un établissement ainsi que d’autres outils pour réaliser la planification des actions à poser dans le futur.

  2. Faire

    La deuxième phase vise à mettre en oeuvre le système de gestion de la prévention en SST. Il s’agit donc d’établir les infrastructures et les ressources humaines, financières et matérielles nécessaires pour actualiser les différents plans d’action ou programmes de prévention. La trousse prévoit donc des outils pour guider les intervenants dans cette démarche, par exemple des guides sur la formation, la communication et la gestion du changement, ainsi que des conseils en lien avec les infrastructures et les différentes ressources disponibles.

  3. Vérifier

    La troisième phase du processus consiste en l’évaluation des résultats du système de gestion mis en place. Pour cela, différentes activités de surveillance doivent être réalisées, et des actions préventives et correctives sont ensuite implantées. En somme, il s’agit d’analyser l’efficacité du système de gestion grâce à des indicateurs quantitatifs et qualitatifs. Afin d’appuyer les intervenants impliqués dans le processus, la trousse propose notamment des outils pour réaliser des audits, des inspections et des enquêtes ainsi qu’un guide des indicateurs en SST.

  4. Agir

    Dans le cadre de la quatrième et dernière phase de la démarche, la haute direction doit revoir l’ensemble du système de gestion de la SST pour s’assurer qu’il répond adéquatement aux objectifs. Il s’agit d’une étape d’amélioration continue au cours de laquelle les éléments déficients sont corrigés au fur et à mesure. De cette façon, le système évolue constamment et contribue à créer une véritable culture de prévention.

Des gages de succès

La réussite d’une telle démarche repose, bien entendu, sur le développement d’une culture de prévention forte et durable. Pour cela, des prérequis sont nécessaires. D’abord, la direction de l’établissement doit assumer le leadership de la mise sur pied d’un système de gestion de la prévention en SST. En effet, cela permet d’obtenir les ressources humaines, financières et organisationnelles nécessaires au succès de l’opération. La participation des travailleurs est également primordiale, car ces derniers sont les mieux placés pour reconnaître les difficultés liées aux tâches à exécuter au sein de leur l’établissement. C’est donc pourquoi ils doivent prendre part aux activités visant à élaborer ou à mettre à jour le système de gestion de la prévention. Par exemple, l’établissement d’un comité de santé et sécurité représente un excellent moyen de mobiliser les troupes. Enfin, la mise en place d’une politique de prévention en SST est une condition sine qua non pour l’implantation d’un système de gestion de la prévention efficace.

« Le Plan d’action national visant la prévention des risques en milieu de travail et la promotion de la santé globale 2019-2023 du ministère de la Santé et des Services sociaux demande d’avoir une approche intégrée et systémique de la SST, conclut Yves Cormier. La trousse de l’ASSTSAS sera donc un outil précieux au cours des prochaines années, puisqu’elle pourra guider les établissements dans le développement de leur système de gestion. Et nous serons là pour les appuyer dans leurs démarches. »

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