Grands Prix SST 2020 : Des entreprises et des travailleurs dévoués, ingénieux et créatifs

Photo : Marie-Josée Legault
Photo : Marie-Josée Legault

Chaque année, les Grands Prix en santé et sécurité du travail (GPSST) soulignent les efforts, les innovations et les actions de nombreuses entreprises et travailleurs du Québec en lien avec la santé et la sécurité du travail (SST). Toutefois, en raison de la pandémie de COVID-19 qui frappe tous les milieux de travail, les lauréats nationaux 2020 ont été couronnés le 29 octobre dernier lors d’un dévoilement virtuel unique. Et comme il importe de mettre de l’avant les réalisations de ces entreprises et travailleurs dévoués, ingénieux et créatifs, nous vous les présentons avec fierté !

Catégorie Leader en SST

Lauréat – Travailleur

Robert Deshaies
Robert Deshaies

Robert Deshaies
Président du syndicat, Cascades Groupe Tissu de Candiac

Robert Deshaies est président du syndicat chez Cascades Groupe Tissu, à Candiac. Il s’implique en SST depuis plus de 15 ans et il est un leader reconnu pour son dévouement envers la sécurité au travail de ses collègues. M. Deshaies a gagné en crédibilité et en respect auprès de ses pairs grâce à son implication auprès de plusieurs comités, dont celui sur la SST. Une de ses réalisations importantes est la prise en charge du dossier de la cohabitation des chariots élévateurs et des piétons pour éviter les collisions dans l’usine. En effet, des zones pour les chariots élévateurs (marquées en rouge) et d’autres pour les piétons (marquées en vert) ont été créées, ce qui a donné lieu à une diminution des risques d’accident. « [M. Deshaies] contribue fortement à faire évoluer la culture SST [dans l’entreprise]. Il fait en sorte que les relations de travail sont saines et collaboratives », explique Jonathan Morissette, directeur d’usine chez Cascades Groupe Tissu de Candiac. Pour M. Deshaies, la culture SST est en constante évolution; c’est pourquoi il n’hésite pas à impliquer les autres employés de l’usine dans ses projets. « Il déploie une énergie contagieuse afin que tous les employés adhèrent [à cette culture] », souligne M. Morissette.

Lauréat – Employeur

Christian Nadeau
Christian Nadeau
Photos : Marie-Josée Legault

Christian Nadeau
Directeur maintenance, santé, sécurité et environnement, Safran Systèmes d’Atterrissage Canada inc.

Christian Nadeau est directeur maintenance, santé, sécurité et environnement chez Safran Systèmes d’Atterrissage Canada inc. Les employés de cette compagnie, qui oeuvre dans le secteur de la fabrication de matériel aéronautique, peuvent être soumis à plusieurs risques pour la santé et la sécurité au travail. C’est pourquoi Christian Nadeau prend son travail au sérieux. Ses pairs le voient comme un bon rassembleur et un excellent vulgarisateur. D’ailleurs, le principal intéressé est impliqué dans plusieurs projets liés à la SST. En effet, Christian Nadeau fut au coeur de la création, en 2019, du pôle Montréal SSE Safran. Quatre fois par année, des représentants en santé, sécurité et environnement des trois sites Safran de la région de Montréal se rencontrent pour échanger sur les pratiques, les expériences et les outils de la valorisation de la SST. Christian Nadeau base son message sur la santé et sécurité au travail sur « des exemples clairs et ludiques », explique Chrystian Darveau, directeur général chez Safran Systèmes d’Atterrissage Canada inc. à l’usine de Mirabel. D’ailleurs, son succès reposerait, entre autres, sur le fait que, pour lui, « il n’y a pas de petits accidents » et tous doivent être évités.

Catégorie Innovation

Le Grand Prix SST 2020

Bellemare Couvertures ltée
Photo : Bellemare Couvertures ltée
Bellemare Couvertures ltée
Photo : CNESST

Bellemare Couvertures ltée
Stabilisateur d’échelle

La conception d’un stabilisateur d’échelle est l’idée de Patrick Perreault, contremaître chez Bellemare Couvertures ltée. « Les échelles n’étaient jamais attachées solidement. Après plusieurs frousses, je me suis dit qu’il ne fallait plus que l’échelle se déplace [lors de son utilisation] », explique Patrick Perreault. Le défi était de concevoir un stabilisateur adéquat pour toutes les échelles, quels que soient les surfaces et les types de travaux. Le stabilisateur peut être utilisé sur les toits en pente comme sur les toits plats. Lorsqu’il est ajusté à l’aide d’attaches, le travailleur insère des vis dans le stabilisateur pour assurer qu’il soit bien ancré dans la toiture. « Nos travailleurs ne peuvent plus s’en passer parce qu’ils n’ont plus peur de monter. Le stabilisateur rend l’échelle plus solide. », mentionne Patrick Perreault. De la conception à la production, plusieurs personnes ont travaillé à la réalisation du stabilisateur d’échelle. « On est arrivés avec [cette idée] parce qu’encore aujourd’hui, les échelles sont attachées avec de la broche. Ça nous a pris cinq ans pour développer ce prototype. Ça a été un beau travail sans relâche », explique le président de l’entreprise, André Boucher. Grâce à cette innovation, les travailleurs de Bellemare Couvertures ltée peuvent maintenant grimper en hauteur en toute sécurité.

Bellemare Couvertures ltée
Bien qu'elle soit de petite taille, cette innovation fait une grande différence dans la vie des travailleurs, qui ne craignent plus que les échelles se déplacent alors qu’ils y sont juchés.
Photo : CNESST

Petites et moyennes entreprises

Lauréat – Or

EMD Construction
Photo : EMD Construction

EMD Construction
Dispositif de sécurité pour les portes-fenêtres

Dans la construction d’immeubles commerciaux et de complexes résidentiels multi-étages, plusieurs risques pour la santé et la sécurité du travail des employés sont présents. Les portes-fenêtres sont un moyen efficace pour recevoir des matériaux de grandes dimensions. Toutefois, pour éviter des chutes en hauteur, puisque ces portes donnent sur le vide ou sur des balcons non protégés, il faut bloquer ces dernières afin qu’un travailleur ne puisse pas les ouvrir à tout moment, pour aérer par exemple. Ainsi, auparavant, les travailleurs vissaient des blocs de bois au cadrage pour empêcher l’ouverture de ces portes-fenêtres. Toutefois, cette méthode peut en abîmer les cadrages. De plus, les travailleurs peuvent facilement déplacer les blocs de bois. Dans le but d’améliorer les conditions de travail, l’entreprise EMD Construction a conçu un dispositif de verrouillage pour les portesfenêtres qui se fixe sur la poignée de porte. « Le dispositif de sécurité englobe le mécanisme de la porte-fenêtre. Ça empêche les travailleurs de l’ouvrir », explique René Boivin, contremaître à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ). Pour ouvrir la porte-fenêtre, il faut avoir en sa possession un outil spécial qui permet de retirer les vis du dispositif. Avant de procéder au retrait du dispositif de verrouillage, le maître-d’oeuvre s’assure donc préalablement du port de l’équipement de protection antichute pour les travailleurs devant accéder aux balcons non sécurisés. « L’initiative vient de M. Boivin. Il voulait aider l’entreprise et améliorer la santé et la sécurité », explique Sébastien Béland, directeur des opérations chantiers chez EMD Construction.

Lauréat – Argent

Carbotech
Photo : Carbotech

Carbotech
Toilage des chargements

Par le passé, les travailleurs devaient déposer une toile de protection qui pesait entre 55 et 68 kg (125 et 150 livres) sur le chargement d’un camion avec un chariot élévateur, puis ils grimpaient dans le chargement afin d’étendre celle-ci. En raison du poids élevé de la toile, ces derniers devaient parfois adopter des positions contraignantes pouvant mener à des chutes ou à des troubles musculosquelettiques. Pour remédier à ce problème, Robert Larochelle, cariste chez Carbotech, une entreprise spécialisée dans la fabrication de matériel et d’équipements pour les machines, a créé une nouvelle procédure, qui consiste à attacher la toile à une potence fixée aux fourches d’un chariot élévateur. Lorsque la toile est suspendue au-dessus du camion de chargement, le mécanisme la relâche pour que les travailleurs puissent l’ajuster sur le véhicule, ce qui rend le processus plus sécuritaire. De plus, pour assurer le respect des consignes de santé et de sécurité au travail, des signaleurs sont positionnés à l’avant et à l’arrière du véhicule, et des cônes forment un périmètre de sécurité. « Ainsi, on est toujours en contact visuel et par radio », explique Robert Larochelle. Quant à Stéphane Anctil, directeur d’usine chez Carbotech, il tient à souligner l’aspect novateur de cette nouvelle procédure : « On est fiers de notre innovation, surtout parce que c’est un employé qui nous a soumis l’idée. On suggère fortement aux employés de s’impliquer au niveau de la santé et de la sécurité », conclut-il.

Lauréat – Bronze

Vitro-Services
Photo : Vitro-Services

Vitro-Services
Camion Unité/Performance

Auparavant, les maisons étaient plus petites et les fenêtres étaient coulissantes. Aujourd’hui, les maisons sont beaucoup plus grandes et les fenêtres sont munies d’une manivelle fixe. Ces changements importants ont une influence directe sur les méthodes de travail de l’industrie du nettoyage des fenêtres. C’est pourquoi Vitro-Services, une entreprise spécialisée dans le lavage de vitres résidentielles, a créé Unité/Performance, un véhicule muni d’un réservoir d’eau, d’hydro-tubes, de pompes et d’enrôleurs électriques. On retrouve également une perche légère pouvant atteindre plus de 12 mètres (40 pieds) de hauteur pour effectuer le nettoyage des fenêtres, même celles qui se trouvent en hauteur. « Ça nous permet de travailler avec une brosse et une perche. On économise beaucoup d’énergie parce qu’on n’a pas besoin de se déplacer avec une échelle et des seaux. Tout notre travail se fait au sol », explique Félix Côté, technicien-laveur chez Vitro-Services. Comme les travailleurs doivent souvent monter dans des échelles ou des escabeaux pour nettoyer les fenêtres, cette innovation réduit les risques de chute pour les employés. « En 2016, on a créé notre premier camion Unité/Performance. Aujourd’hui, toute la flotte, qui comprend neuf camions, est transformée », se réjouit Patrick Brouillard, président de Vitro-Services.

Grandes entreprises

Lauréat – Or

Sollio Agriculture –
La Coop fédérée
Photo : Sollio Agriculture

Sollio Agriculture – La Coop fédérée
Capteur intelligent pour les silos à moulée agricoles

Pour vérifier la quantité de moulée restante dans les silos agricoles, les travailleurs doivent gravir l’échelle du silo. Toutefois, comme la hauteur des silos est de plus de 8 mètres, les travailleurs risquent de faire des chutes en hauteur. La réglementation oblige les travailleurs à porter un équipement de protection contre les chutes mais, parfois, pour gagner du temps, certains producteurs ne le portent pas. Pour remédier au problème, l’entreprise Sollio Agriculture, division de la Coop fédérée, a créé des capteurs intelligents pour les silos agricoles. Installés au sommet des silos, ils calculent la distance entre celui-ci et le fond afin de récolter des données sur la moulée restante. « Ces sondes nous permettent d’avoir l’inventaire de la moulée dans les silos sur notre téléphone cellulaire ou notre ordinateur. Je n’ai plus besoin d’envoyer un employé pour grimper sur le silo », explique Baye Madiop Niang, contremaître chez Sollio Agriculture.

Le capteur intelligent est à l’essai depuis deux ans sur 175 silos agricoles au Québec. « La fierté liée à cette innovation, c’est d’être capable de la rendre disponible à grande échelle. On a de 20 à 25 000 silos potentiels sur lesquels installer le capteur. Ça fait beaucoup de chutes évitées au total », souligne Pascal Labranche, directeur des produits et innovations chez Sollio Agriculture. « La santé et la sécurité au travail chez Sollio Agricutlure, ce n’est pas seulement une priorité; c’est dans la culture même de l’entreprise », affirme Hervé Lecompte, conseiller en prévention santé et sécurité dans l’entreprise.

Lauréat – Argent

Meubles Foliot
Photo : Meubles Foliot

Meubles Foliot
Barres à billes

Meubles Foliot est une entreprise québécoise spécialisée dans la fabrication de meubles pour les hôtels et les résidences pour étudiants. Le déplacement des meubles se fait en piles, sur des convoyeurs à rouleaux. À l’usine de Saint-Jérôme, une quarantaine d’employés manipulent environ trente piles par heure dont le poids unitaire varie entre 75 kg et 300 kg. À la fin de la journée, les travailleurs peuvent ressentir de la fatigue et ils s’exposent à des risques de troubles musculosquelettiques (TMS). Pour remédier à la situation, Meubles Foliot a créé une barre à bille. Grâce à cette innovation, les piles de matériaux glissent plus facilement sur les convoyeurs à rouleaux et les risques pour la santé et la sécurité sont donc réduits.

Le travail à effectuer dans l’usine est très physique et les employés doivent pousser des charges lourdes sur beaucoup de convoyeurs. « On a constaté que [ces employés] développaient beaucoup de troubles musculosquelettiques. On a donc décidé de se pencher sur la question pour voir comment on pouvait améliorer les choses, explique Marie-Noelle Khou, responsable de la santé et de la sécurité du travail chez Meubles Foliot. On est fiers de cette innovation, parce que c’est une idée collective de nos employés. Ils ont été très créatifs et ingénieux. Ils ont fabriqué quelque chose à l’interne et c’est toute l’entreprise qui en bénéficie ».

Lauréat – Bronze

PF Résolu
Photo : PF Résolu

PF Résolu – Usine de Saint-Thomas-Didyme
Système de cadenassage anti-erreur avec clé RFID

Le système de cadenassage anti-erreur avec clé RFID, de PF Résolu, a été conçu pour éviter des accidents causés par un cadenassage déficient. « Un des gros risques qui avait été identifié concerne la procédure de cadenassage », explique Marie-Pier Létourneau, coordonnatrice santé, sécurité et environnement chez PF Résolu. En effet, il arrivait qu’un travailleur oublie de mettre la clé de série dans le boîtier de cadenassage, une erreur qui pouvait entrainer le démarrage accidentel d’une machine et causer des blessures.

Le système de cadenassage a été entièrement repensé. Une seule barre de cadenassage permet maintenant de bloquer simultanément les quatre sectionneurs électriques et la valve pneumatique. Cette barre se verrouille à l’aide d’une clé munie d’un porte-clé à puce RFID, qui est libérée seulement lorsque la barre est bien en place. La clé est placée dans le boîtier de cadenassage où se trouve un capteur pour la puce RFID du porte-clé. Ainsi, si la clé n’est pas dans le boîtier de cadenassage, l’essai de démarrage ne se fera pas et le travailleur devra revoir sa procédure. « Dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail, les mesures sont souvent imposées. Mais quand elles sont appliquées en partenariat – car ce sont tout de même [les travailleurs] qui font fonctionner le système –, ça devient intéressant parce qu’on le fait ensemble », explique Marie-Pier Létourneau. En effet, quand il s’agit d’assurer la sécurité des travailleurs, la collaboration est un incontournable !

Organismes publics

Lauréat – Or

CISSS des Laurentides – Résidence Saint-Jovite
Photo : CISSS des Laurentides – Résidence Saint-Jovite

Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides – Résidence Saint-Jovite
Système roulant pour les chaises de la salle à manger

Pour faciliter le déplacement des résidents, le personnel de la résidence Saint-Jovite, à Mont-Tremblant, a eu l’idée de créer un système roulant pour les chaises de la salle à manger. Ce dispositif permet au personnel de déplacer les personnes assises d’un point A au point B de manière plus sécuritaire. « Effectuer ces déplacements trois fois par jour est éprouvant pour le corps et on peut développer des maux de dos et d’épaules », explique Julie Bélanger, préposée aux bénéficiaires. « Le fait de devoir pousser ou tirer la chaise pouvait créer des situations problématiques et augmenter le risque de blessures », poursuit Pascale Amyot, chef d’unité au centre d’hébergement et de soins de longue durée de Mont-Tremblant.

Ainsi, le système roulant pour les chaises de salle à manger est très simple à faire fonctionner : lorsqu’un résident doit être déplacé, l’employé appuie sur une manivelle qui soulève le devant de la chaise. Les deux roues situées sur les pattes arrière de la chaise permettent ensuite de déplacer le résident comme s’il était sur un fauteuil roulant. « On a essayé plusieurs idées. Des balles de tennis, des patins en téflon, mais ça ne durait pas », souligne Sylvain Dupuis, préventionniste au CISSS des Laurentides. Cette innovation simple et efficace démontre bien qu’il est possible de trouver des solutions ingénieuses lorsqu’on travaille en équipe.

Lauréat – Argent

Centre d’hébergement de la MRC-d’Acton et
centre d’hébergement Andrée Perreault
Photo : Centre d’hébergement de la MRC-d’Acton et centre d’hébergement Andrée Perreault (CISSSME)

Centre d’hébergement de la MRC-d’Acton et centre d’hébergement Andrée-Perrault – Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est
Une clipine pour retenir les fils

Le personnel soignant donne souvent des soins aux résidents alors que ces derniers sont alités. Plusieurs équipements sont à proximité du lit, ce qui entraîne la présence de divers fils électriques, de tubulures de concentrateur d’oxygène et du fil de la cloche d’appel. Leur présence augmentait les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs du centre d’hébergement. Parmi ces risques, on compte les accrochages, qui pouvaient entraîner un débranchement des appareils, des chutes et des blessures. « Les membres du personnel ne voient pas certains fils. Donc, ça pouvait arriver qu’ils trébuchent », explique Sophie Courchesne, chef d’unité au centre d’hébergement de la MRC-d’Acton.

En plus des risques pour les travailleurs, cette situation mettait aussi à risque les résidents, qui pouvaient être débranchés d’un appareil par erreur. Les travailleurs de la maintenance du centre d’hébergement de la MRC-d’Acton et du centre d’hébergement Andrée-Perrault, à Saint-Hyacinthe, ont donc conçu de petites accroches en plastique (baptisées clipines) qui permettent de retenir les fils près du lit du résident. « [Les attaches autobloquantes] n’étaient pas idéales. Elles pouvaient provoquer des coupures ou des blessures, autant chez le personnel que chez les résidents », affirme Sophie Courchesne. « On voulait développer une agrafe qui n’est pas dangereuse pour les préposés et les résidents, explique Daniel Desmarais, ouvrier de maintenance au syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSSME. La clipine est une pièce de plastique circulaire dont les deux bouts sont tournés vers l’intérieur, ce qui permet d’y fixer les fils et les boyaux », explique-t-il.

Lauréat – Bronze

Ville de Saint Georges
Photo : Ville de Saint Georges

Ville de Saint-Georges
Remorque de décontamination

Les pompiers sont exposés quotidiennement à plusieurs risques liés à la santé et la sécurité du travail, notamment les contacts avec des liquides biologiques (par exemple, le sang) et l’exposition à certains produits chimiques (par exemple, la fumée d’incendie et le gaz). La Ville de Saint-Georges a participé à la fabrication d’une remorque de décontamination. « C’est immédiatement après un incendie que le pompier absorbe le plus les matières cancérigènes. D’ailleurs, [une étude] recommandait que les pompiers se lavent le plus rapidement possible », affirme Sylvain Veilleux, directeur du service de sécurité incendie de la Ville de Saint-Georges. La remorque est donc munie d’une douche à eau chaude instantanée, d’un dispositif de collecte des eaux contaminées et de plusieurs équipements nécessaires au travail des pompiers. Ainsi, à la fin d’une opération, les pompiers entrent à l’arrière de la remorque et retirent leurs vêtements, qu’ils déposent dans des sacs prévus à cet effet. Après avoir pris leur douche, ils revêtent de nouveaux vêtements et quittent la remorque par une autre sortie afin de ne pas retourner dans la zone potentiellement contaminée. De plus, à la fin de chaque opération, la remorque est nettoyée à l’intérieur et à l’extérieur. « Il est important de décontaminer les pompiers directement sur les lieux des interventions parce qu’on veut éviter une contamination des véhicules et des équipements utilisés lors du retour en caserne », explique Frédéric Veilleux, chef de division, immeubles et équipements à la Ville de Saint-Georges.

Catégorie Éducation à la prévention

Lauréat

Campus Notre-Dame-de-Foy
Photo : Campus Notre-Dame-de-Foy

Le Campus Notre-Damede- Foy (CNDF)
Projet Avec preuves à l’appui !!

Pour éduquer ses étudiants du domaine funéraire aux risques liés à la santé et la sécurité au travail ainsi qu’aux moyens de les prévenir, le CNDF aborde notamment les lois et les règlements en matière de santé et sécurité du travail, les équipements de protection individuelle, etc. Pour passer de la théorie à la pratique, le projet « Avec preuves à l’appui !! » a été mis sur pied. Le projet a permis aux étudiants de tester un produit couramment utilisé par l’industrie funéraire, soit le contenant en carton pour le transport de dépouilles, d’en évaluer les caractéristiques, d’identifier les risques potentiels lors de son utilisation, de consigner les résultats et de développer les techniques d’utilisation les plus appropriées pour favoriser la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Les étudiants ont procédé à différents tests avec les contenants en carton sous la supervision pédagogique de leur enseignant. Ils ont effectué ces tests directement en entreprise de services funéraires. Les tests suivants ont été réalisés : capacité de support et de résistance, étanchéité, inflammabilité et facilité de manipulation/ergonomie. Conclusion des étudiants ? Le contenant en carton n’est pas un outil sécuritaire pour les opérations de transport de défunts. « C’est une excellente façon d’assimiler les savoirs liés à la prévention, affirme Mitchel Fortin, enseignant et responsable du programme de thanatologie du CNDF. La Corporation des thanatologues du Québec a même demandé à obtenir notre bilan […], qui doit servir de document de référence pour améliorer les pratiques dans le milieu funéraire québécois ».