Compétition annuelle de sauvetage minier 2025
Par Mélina Nantel
25 mai 2026

Photo : Régis Massicotte
Du 22 au 24 mai 2025, des travailleuses et travailleurs de diverses mines souterraines du Québec se sont réunis à la Cité de l’Or de Val-d’Or pour la 61e compétition de sauvetage minier. Cet événement annuel met en lumière les meilleures méthodes de sauvetage minier ainsi que l’esprit d’équipe des personnes qui risquent leur vie sous terre. Cette année, les participants ont dû relever des défis physiques et psychologiques sans précédent. Jean Proulx, conseiller stratégique et expert en sauvetage minier de la CNESST, nous raconte cette édition mémorable.
Une fois de plus cette année, le site minier de la Cité de l’Or a vu affluer un nombre record d’équipes. Au total, douze d’entre elles se sont inscrites; sept concouraient le jeudi et cinq le vendredi. « C’était laborieux, mais on a misé juste avec le circuit cette année ! », raconte Jean Proulx, à qui on a parlé quelques jours après la compétition. Sa fierté est audible : l’organisation n’a reçu que de bons commentaires et les sauveteurs ont répondu présents. Cette année, la compétition a mis l’accent sur des épreuves à la fois psychologiques et physiques qui ont fait ressortir toute la résilience des sauveteurs.
Selon M. Proulx, l’épreuve la plus exigeante était un défi se déroulant dans l’obscurité la plus totale. Les sauveteurs devaient y retrouver une victime potentielle, puis ramper sous des obstacles et déplacer des roches pour se frayer un chemin hors de la mine. « Une véritable traversée de labyrinthe pour retrouver la lumière du jour », raconte avec passion notre expert.
Des sauveteurs prêts à intervenir
« Nous pensions avoir fixé la barre assez haute cette année, mais ils en voulaient toujours plus ! », affirme M. Proulx en souriant. Les épreuves, même si elles représentent des défis considérables (espaces confinés, simulations d’incendies souterrains et nombreuses victimes), n’ont pas découragé les sauveteurs. Au contraire, ils se sont retroussé les manches pour relever avec brio les simulations et sauver des vies. « Par expérience, je sais que quand on présente un circuit monotone, on a une réponse monotone, explique Jean Proulx. Les sauveteurs ont besoin d’adrénaline pour se surpasser; ils sont contents d’être mis au défi. » En effet, ces journées d’épreuves constituent une expérience unique qui met en évidence leur savoir-faire dans un environnement naturel.
Une compétition fort utile
L’Association minière du Québec (AMQ) et la CNESST organisent conjointement la compétition annuelle. Ouverte à l’ensemble des mines québécoises, elle gagne en popularité chaque année. Il s’agit en effet d’une occasion unique d’évaluer les compétences en secours minier et de perfectionner la formation des spécialistes. Après la compétition, l’équipe de Jean Proulx étudie les résultats pour déterminer les ajustements nécessaires au programme de formation.
En effet, les sauveteurs miniers reçoivent une formation continue de la part de la CNESST. D’ailleurs, le manuel des sauveteurs miniers est un outil essentiel à ces héros du quotidien. « Les sauveteurs ont répondu en associant leurs actions au programme de formation, conformément à nos attentes rattachées au manuel de formation », explique l’expert. Les résultats de cette année sont remarquablement fidèles aux attentes, ce qui témoigne d’une préparation exceptionnelle de la part des équipes. « On voit qu’ils sont bien préparés et qu’ils avancent, malgré tous les aléas qui peuvent survenir », précise M. Proulx. Qu’il s’agisse d’un sinistre ou d’un incendie souterrain, les sauveteurs miniers du Québec savent comment réagir. « Ils ont le coeur sur la main, ils s’entraident dans leur milieu de travail », ajoute celui qui se réjouit de constater que les formations ont porté leurs fruits.
Travailler en collaboration pour sauver des vies
Selon M. Proulx, le facteur clé d’une intervention réussie est la synergie au sein d’une équipe. Dans une entreprise minière, un sauveteur peut être un employé-cadre, un superviseur, un mineur, un responsable de l’entretien, un ingénieur… Quel que soit le rôle qu’il occupe, le sauveteur doit être respecté, tout comme les membres de l’équipe. « Leur seul but est de sauver des vies », souligne-t-il. C’est en équipe que les gagnants de la 61e compétition annuelle de sauvetage minier se rendront à la prochaine compétition internationale pour représenter le Québec au printemps 2026… en Zambie !
Alors qu’en compétition internationale, certains pays demeurent en apprentissage, notre belle province représente un « modèle » en santé et en sécurité, selon Jean Proulx. Nous nous démarquons grâce, entre autres à notre programme de formation étoffé et standardisé sur tout le territoire, en plus de notre offre de formation en continu. « C’est envié sur la scène internationale ! », se réjouit-il fièrement. Les sauveteurs miniers au Québec comme à l’étranger ont en commun d’avoir à coeur d’aider, de travailler en équipe et de posséder un goût pour l’aventure. « Être sauveteur minier, c’est aller à l’aventure pour aider dans un milieu qui peut être hostile. Mais on est tellement bien sous terre ! », termine en riant le passionné.
Les gagnants de l’édition 2025
Trophée Or
Mine LaRonde, Mines Agnico Eagle ltée
Trophée Argent
Mine Goldex, Mines Agnico Eagle ltée
Trophée Bronze
Mine LZ5, Mines Agnico Eagle ltée
Trophée Défi BG-4
Mine Raglan, Groupe Glencore
Trophée DRÄGER 1 — Performances théoriques et techniques
Mine Éléonore, Dhilmar
Trophée Mac Foy — Performance en premiers soins
Projet minier Windfall, Gold Fields
Trophée DRÄGER 2 — Performance équipe de direction
Mine LZ5, Mines Agnico Eagle ltée
Trophée Levitt Sécurité — Meilleure équipe en mission
Mine LaRonde, Mines Agnico Eagle ltée