Un travailleur meurt coincé entre des dalles de quartz

Par Geneviève Chartier

21 avril 2026

Illustration : Jean-Philippe Marcotte

En septembre 2024, un cariste et un travailleur s’affairent à déplacer des dalles de quartz dans une cour à l’aide d’un chariot élévateur. À un certain moment, le cariste descend de son véhicule et constate que son collègue est coincé entre des dalles. Le travailleur décédera malheureusement de ses blessures. Comment aurait-on pu éviter un tel accident tragique?

Que s’est-il passé?

Vers 11 h 30 ce jour-là, le cariste et le travailleur aidant à la manutention commencent à déplacer des dalles de quartz. Lors de chaque déplacement, le cariste transporte trois dalles en même temps de la cour extérieure à l’intérieur du bâtiment attenant à l’aide d’un chariot élévateur. Le chariot possède une pince qui permet de lever les dalles, qui pèsent 227 kg (500 lb) chacune. Pour que la pince puisse s’insérer entre les dalles, le travailleur les écarte avec une barre servant de levier et il place une pièce en bois dans l’espace créé. Lorsque la pince est bien enclenchée, le travailleur aide le cariste pour la manutention des dalles vers des supports situés à l’intérieur du bâtiment, puis il retourne à l’extérieur pour préparer les prochaines dalles au transport.

Alors que 36 dalles ont déjà été déplacées en suivant cette méthode de travail, le travailleur retourne dans la cour pour préparer les trois prochaines dalles. Le cariste s’approche des dalles, puis attend le signe de la main de son collègue avant d’abaisser la pince et de procéder au levage de la charge. Comme il ne voit pas son collègue lui faire signe, il descend du chariot, s’avance et aperçoit le travailleur coincé entre des dalles de quartz. Son dos est appuyé contre les dalles se trouvant derrière lui. Trois autres dalles compriment sa poitrine. Les secours sont appelés sans attendre. Le décès du travailleur est malheureusement constaté à l’hôpital.

Qu’aurait-il fallu faire?

Deux causes principales ont été retenues pour expliquer cet accident. Tout d’abord, le fait qu’aucun système de retenue n’avait été prévu lors de l’entreposage des dalles sur les supports dans la cour extérieure a fait en sorte que trois d’entre elles ont basculé et ont coincé mortellement le travailleur qui se trouvait au sol lors de la manutention. En effet, un système de retenue de résistance suffisante, qui peut être, par exemple, composé de poteaux, est requis afin d’éliminer le risque que les dalles basculent sur la personne qui se trouve devant elles, comme dans ce cas. De plus, le sol sur lequel se trouvait le support n’était pas à niveau, de sorte que les dalles se trouvaient trop à la verticale, augmentant ainsi le risque qu’elles tombent. En ce qui concerne l’élément déclencheur de la chute des dalles, il n’a pas pu être déterminé avec certitude lors de l’enquête. L’hypothèse la plus probable est que la pince de levage attachée au mât du chariot élévateur a accroché les dalles alors que le cariste tentait de la positionner.

De plus, la méthode qui consiste à placer manuellement la pince de levage est inappropriée, puisqu’elle expose le travailleur à la zone dangereuse qui se trouve devant les dalles de quartz. En effet, la disposition des dalles dans la cour contraignait les manœuvres du chariot élévateur. La pince suspendue au chariot devait passer par-dessus les dalles, ce qui entravait la visibilité du cariste. Une intervention manuelle était donc nécessaire afin que la pince s’insère entre les dalles. De plus, pour que le travailleur place manuellement la pince, il devait relever les dalles à la verticale et se positionner devant elles. Il se trouvait alors directement dans la trajectoire de chute des dalles non sécurisées et instables. Le travailleur se tenait également dans la zone de coincement entre les deux rangées de dalles, une situation qui n’est pas conforme à l’article 51, alinéa 3, de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST), qui oblige l’employeur à s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les méthodes et techniques utilisées pour l’accomplir sont sécuritaires.

Personne-ressource : Pierre Privé, coordonnateur aux enquêtes, Direction générale de la gouvernance et du conseil stratégique en prévention à la CNESST

Enquête réalisée par : Anie Larose et Jean-Charles Marengère, ing., tous deux de la CNESST

Illustration : Jean-Philippe Marcotte

Pour accéder au rapport d’enquête

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