Une nouvelle mouture du Guide d’échantillonnage des contaminants de l’air en milieu de travail

Par Guy Sabourin

3 mars 2026

Photo : mustafaU/iStock

Toute personne intervenant en hygiène du travail qui doit prélever des échantillons d’air dans les milieux de travail du Québec connaît le Guide d’échantillonnage des contaminants de l’air en milieu de travail, que publie l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), une référence incontournable. La dernière version en circulation, qui remontait à 2012, vient d’être entièrement revue et augmentée. Cette nouvelle mouture 8.2, disponible depuis décembre 2025, se décline en trois parties : Stratégies d’échantillonnage, Instruments et techniques d’échantillonnage et, enfin, Échantillonnage et analyse des contaminants. La première partie a fait l’objet d’ajustements éditoriaux, sans modification du contenu technique, tandis que les deux autres ont subi une refonte majeure.

Du nouveau et davantage

Cette mise à jour était importante à plusieurs égards, explique Bruno Ponsard, chimiste et directeur des laboratoires de l’IRSST. « Le Guide d’échantillonnage des contaminants de l’air en milieu de travail est cité dans le Règlement sur la santé et la sécurité au travail (RSST), rappelle-t-il. De nombreux changements à l’Annexe I ont conduit à l’introduction de nouvelles notations et définitions entraînant des répercussions significatives sur la mesure de l’exposition professionnelle à des contaminants chimiques dans l’air. Par l’obligation d’avoir un programme de prévention ou un plan d’action, la LMRSST (Loi modernisant le régime de santé et de sécurité au travail) vient formaliser l’identification des contaminants et des mesures à mettre en place pour contrôler l’exposition des travailleuses et travailleurs. Le guide a par conséquent beaucoup évolué, des sections ont été ajoutées, des éléments ont été grandement retravaillés. La nouvelle version est maintenant plus volumineuse et à jour par rapport aux changements législatifs des dernières années. »

La refonte du guide ne s’est pas faite en vase clos. Une équipe d’experts des laboratoires de l’IRSST, jumelée à un comité conseil externe composé de personnes représentant les milieux de travail, les entreprises, les consultantes et consultants, le Réseau de santé publique en santé au travail, les associations sectorielles paritaires et les milieux universitaires, a mis la main à la pâte. « Quelques-uns de ces spécialistes nous ont aussi aidés à écrire le guide afin qu’il soit plus accessible et facile à comprendre, du moins à partir du moment où l’on possède des connaissances de base en hygiène industrielle », précise Bruno Ponsard.

Les techniques et appareils d’échantillonnage ont également évolué depuis 2012. « Nous avons donc beaucoup travaillé sur les parties deux et trois pour améliorer le contenu scientifique, ajoute la chimiste Mélanie Huard, de la Direction des laboratoires de l’IRSST. Nous avons récolté et synthétisé une masse d’information, nous avons ajouté des images et des tableaux, davantage d’explications pour aider les intervenantes et intervenants à bien comprendre et à être mieux outillés pour faire leur travail. »

Aussi, au fil des ans, différentes personnes ont souvent posé les mêmes questions, certaines jugeant même que quelques passages du guide manquaient de clarté.

« Afin de répondre à l’ensemble de ces préoccupations, et dans un souci de précision, des sections ont été ajoutées et d’autres ont été réécrites, souligne Mélanie Huard, qui coordonne aussi le service à la clientèle des laboratoires de l’Institut. Tout est maintenant à jour et plus accessible. »

Autonomie des utilisatrices et utilisateurs

Mesurer les contaminants de l’air potentiellement présents en milieu de travail selon les règles de l’art n’est pas nécessairement simple. Les personnes dûment formées qui utilisent ce guide pour mesurer poussières, fumées, gaz, brouillards, bref l’une des quelques 800 substances répertoriées dans le RSST pouvant rendre l’air ambiant plus ou moins toxique et, donc, affecter la santé des travailleuses et travailleurs, sont réputées autonomes et compétentes en hygiène industrielle. De plus, le guide d’échantillonnage couvre à la fois les substances chimiques et d’autres agents pertinents pour la santé au travail, notamment les agents biologiques (p. ex. bactériens et viraux), même s’ils ne figurent pas à l’Annexe I du RSST. Il accompagne les utilisatrices et utilisateurs étape par étape afin d’obtenir des mesures les plus précises possible par rapport à une valeur de référence. Ensuite, 100 % des échantillons que récolte le Réseau de santé publique en santé au travail sont analysés soit par les laboratoires agréés de l’IRSST ou par lui-même, où une quarantaine de personnes s’activent.

Le guide contient deux séries de fiches, uniquement disponibles sur le site Web de l’IRSST : les substances réglementées et les substances non réglementées. Ces dernières font également l’objet de procédures d’échantillonnages précises et documentées, même si aucune valeur de référence leur est attribuée.

« À partir de maintenant, nous avons la volonté de faire des mises à jour sur un cycle de cinq ans, affirme Bruno Ponsard. Cela nous semble essentiel, vu l’importance de ce guide et son utilisation très répandue dans les milieux de travail de toute nature et de toute taille. »

L’utilisation des témoins sur notre site

Pour adapter nos contenus et améliorer votre expérience sur notre site Web, nous utilisons des témoins (cookies) dans le respect de votre vie privée.

En naviguant sur notre site, vous acceptez l’utilisation des témoins décrite dans notre politique de confidentialité.

Gérer les témoins

  • Témoins nécessaires au bon fonctionnement

    Ces témoins sont obligatoires, car ils garantissent le bon fonctionnement du site.

    Toujours actifs
  • Témoins relatifs à la publicité

    Nous n'utilisons pas de témoins pour des actions de marketing personnalisé.

    Toujours désactivés
  • Témoins liés aux données statistiques

    Ces témoins permettent de collecter des données de navigation, comme la durée de la visite ou les pages vues. Les données collectées sont anonymes et ne peuvent pas être associées à une personne.

Confirmer
Prévention au travail